Connectivité au cloud : quelles évolutions pour les entreprises d’ici 5 ans ?

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La transformation digitale initiée dans les entreprises depuis plusieurs années a modifié en profondeur la nature de leur trafic et a rendu plus floue la frontière entre réseau privé et réseau public. Les directions réseau & SI demandent aujourd’hui aux opérateurs télécoms, fournisseurs historiques de leurs connectivités, de travailler sur des propositions de valeur proches de celles des leaders du cloud public. C’est donc de plus en plus le cloud qui transforme le réseau et son exploitation.

Le trafic des entreprises a changé de nature et de destination

Jusqu’au début des années 2010, les grandes entreprises privilégiaient pour le transport de leurs données critiques les réseaux dits de niveau 3 ou MPLS (MultiProtocol Label Switching) gérés de bout en bout par leurs opérateurs télécom. Cela leur permettait un haut niveau de sécurisation et des SLA (Service Level Agreement) de disponibilité et de performances. Leurs applications métiers et leurs outils collaboratifs étant hébergés sur des serveurs locaux maintenus par leurs propres équipes. La majorité des flux était alors constituée de transport site à site ou site vers datacenter. L’évasion internet concernait des flux non critiques comme le surf des employés. Mais depuis quelques années, afin de rationaliser leurs coûts IT et de bénéficier d’applications métiers performantes, un nombre grandissant des directions SI & réseau ont toléré ou accompagné l’utilisation d’applications cloud exposées sur Internet. La tendance est maintenant massive puisque 90% des entreprises prévoient un usage de cloud public d’ici 2020. Attirés par les garanties de capacité et de sécurité des leaders du marché, certaines entreprises ont engagé la migration de leurs données et applications sensibles sur des infrastructures externalisées. Par conséquent, si le trafic MPLS se stabilise car il reste important pour sécuriser des flux très critiques, le trafic des entreprises vers le web et le cloud monte en puissance et deviendra largement majoritaire d’ici 5 ans.

Gérer son réseau comme son infrastructure de cloud

Les leaders du cloud imposent de nouveaux standards d’utilisation aux décideurs et exploitants réseau et SI. A partir du moment où se généralisent l’usage de portails digitaux dans lesquels les services IT (virtual machines, firewalls, reporting…) peuvent être activés / désactivés à la demande et automatiquement, les réseaux d’accès au cloud doivent de même être commandés et produits en quelques clics et avec le minimum d’intervention humaine. Les compagnies attendent donc de leurs opérateurs télécom des parcours digitaux synonymes pour eux d’agilité, de flexibilité et de maîtrise tarifaire. Quand on peut commander une VM en quelques secondes, il devient difficilement acceptable d’obtenir un accès privé au cloud nécessitant des semaines de production.

Orchestrer son réseau comme le cloud

L’explosion des usages du cloud rend la frontière entre réseau privé et réseau public plus floue. Les directions SI & réseau demandent aujourd’hui à leurs fournisseurs télécom des solutions hybrides, mixant accès internet et accès privé. Des services en overlay tel que le SD-WAN (Software-Defined WAN) vont permettre, en fonction de la criticité des flux cloud transportés et des performances attendues, de les orienter de manière intelligente, sur le bon chemin et à un coût maîtrisé. Grâce à des outils d’orchestration intégrés au-dessus des accès, la direction réseau devient facilitatrice du cloud. Elle fait en sorte que le réseau ne soit plus facteur de lenteur et de blocage des usages. Elle amène de la souplesse et de la sérénité en autorisant les équipes IT et les métiers à opérer sans restriction leurs ressources cloud. Afin que les utilisateurs bénéficient de bonnes performances et de taux de disponibilité suffisants, la direction réseau pilote les flux sur les bons accès, contrôle la charge et les performances des applications. Elle peut enfin garantir à sa direction la sécurité du chemin, depuis les ressources cloud jusqu’à l’utilisateur final.

Quelle est la valeur de l’opérateur télécom dans cette mutation ?

De leurs services télécom, les clients attendent la flexibilité, l’agilité et la richesse du cloud tout en bénéficiant de SLA et de sécurité de leur réseau. La transformation induite par le cloud amène un niveau de complexité croissant pour le design et l’exploitation des réseaux. Ainsi, “45% des directeurs IT disent que les complexités du WAN Management constituent leur préoccupation majeure.” (Source Gartner symposium – 2017). L’opérateur télécom est très bien positionné pour répondre à cette demande de plus en plus complexe car il connaît intimement les besoins de performances et de qualité de service de ses clients. Le métier d’opérateur se transforme pour proposer un large catalogue de services adhérents au réseau et au cloud. L’opérateur du futur est un opérateur global capable de garantir sur des hubs régionaux : une connectivité hybride aux leaders du cloud public, une présence sur les principaux datacenters, un accès à des passerelles SD-WAN opérant à la demande des services de sécurité, d’accélération et de visibilité applicative. L’opérateur global est incontournable pour gérer de bout en bout ces services dont la complexité est croissante.

On voit progressivement le métier d’opérateur s’enrichir de compétences IT, cloud et sécurité. Grâce à l’acquisition de nouvelles expertises, il est capable de s’insérer dans les projets de digitalisation de ses clients. Maîtrisant l’intégralité du parcours entre ressources cloud et utilisateur final, il peut démontrer à ses clients que l’architecture réseau est fondamentale pour réussir sa migration vers le cloud. La connectivité au cloud est-elle-même intégrée dans les stratégies de services applicatifs qui doivent être sécurisés, multi-réseaux et automatisés.

L’opérateur global dispose de ressources d’intégration pour doter les réseaux de ses clients de couches de sécurité, de visibilité et d’optimisation des flux cloud. Tout client migrant des milliers d’utilisateurs de solutions collaboratives locales vers des solutions cloud, doit pouvoir mesurer l’impact réseau de cette migration et l’expérience utilisateur qui en découle. C’est en partie grâce à la qualité du réseau que les utilisateurs adopteront sans soucis de nouvelles applications hébergées dans le cloud. Tout en devenant progressivement intégrateur pour ses clients, l’opérateur de réseau se transforme en opérateur du cloud.

Pour aller plus loin :

François Rall

Responsable de partenaires, je dialogue régulièrement avec des leaders internationaux du cloud public. De formation marketing, passé par le conseil, je me mets en interface entre nos partenaires et nos grands clients pour que la connectivité soit un accélérateur pour leurs projets de migration vers le cloud.