Transformer la culture de l'entreprise en adoptant DevOps sur un PaaS

Partager

L'accélération des marchés, de plus en plus concurrentiels, invite l'entreprise à réduire ses cycles de développement des applications afin de mieux servir le client final. A la recherche de plus d'agilité, l'entreprise doit changer de culture afin d'embrasser la philosophie DevOps et engager l'automatisation du développement, via un PaaS dans le cloud, qui garantit la souplesse d'une plateforme et d'outils partagés, avec un langage commun. 

 

Pour répondre aux attentes de ses clients et aux contraintes d'un marché de plus en plus concurrentiel, l'entreprise doit se transformer. Les technologies IT l'accompagnent dans ce changement stratégique en lui fournissant le socle de sa transformation. Qu'il s'agisse de servir les métiers ou les clients de l'entreprise, l'objectif est de réduire les délais de développement des applications et d'automatiser leur provisionnement. Appliquée au développement des applications, cette stratégie se traduit par la nécessité de réduire le cycle de développement – qui encore aujourd'hui s'étend généralement de 6 à 9 mois, et encaisse des points d'achoppement comme le passage du développement à la mise en production – via l'agilité et DevOps, sur lesquels tout le monde veut aller.

Le modèle du développement sans agilité

La démarche classique du développement d'application est celle de la séparation du développeur, qui rend sa production aux opérationnels, ces derniers se chargeant de son déploiement et de sa mise à disposition pour les clients. Comme le décrit Dominique Vo, Head of IT & Cloud Transformation chez Orange Cloud for Business, « Le modèle a démontré ses faiblesses, l'articulation entre développement et opérations est à l'origine d'un point douloureux dans le cycle de vie de l'application, la mise en production, qui est elle-même considérée comme un évènement exceptionnel alors qu'il devrait s'enchaîner naturellement ». La rupture impose également de longs allers / retours qui réduisent l'efficacité des développements et leur adoption par les utilisateurs. Ce qui explique pourquoi la réalisation d'une application impose tant de temps et de déceptions.

 

Confrontée à la nécessité d'accélérer le développement et de réduire le 'time to market', le délai de mise sur le marché d'un produit ou d'un service, l'entreprise veut apporter l'agilité au cycle de production des applications. Ce qui l'amène à se poser une question : comment automatiser ? Cette démarche passe par l'adoption d'une vision du développement et du déploiement continu, du code jusqu'à l'utilisateur final. C'est DevOps, contraction de Développement et Opérationnels, qui considère ces deux composantes comme un ensemble agile, et qui repose sur une couche technologique unique et partageant les mêmes outils. « Les développeurs prennent plus de pouvoir, et interviennent dès la couche applicative afin d'automatiser le DevOps. Les opérationnels partagent les mêmes ressources, les mêmes processus, les mêmes informations et les mêmes objectifs », poursuit Dominique Vo.

La philosophie DevOps s'impose

Cette démarche, qui repose sur un fondement philosophique précieux, celui de la vision partagée d'une entreprise où tout le monde est aligné, est également une réponse aux besoins du client final. Elle s'appuie sur une chaîne de production et un cycle de vie de l'application enfin centrés sur l'utilisateur. Or, comme le fait remarquer Dominique Vo, « si la chaîne d'information n'est pas fiable, le produit final ne peut correspondre au besoin du client et de l'utilisateur final ». La philosophie DevOps part donc des bénéfices clients et des usages métiers, c'est-à-dire de la compréhension des problématiques des clients, de leurs objectifs et des bénéfices attendus. Pour arriver à ses fins, l'entreprise doit également disposer de moyens et s'outiller. DevOps est, aujourd'hui, une démarche reconnue et recherchée par l'informatique et la direction générale, c'est généralement la garantie d'accéder aux ressources de l'entreprise nécessaires à son adoption. L'intégration de l'outillage sur une plateforme commune et partagée va jusqu'à l'utilisateur final, ce qui permet la validation auprès de ce dernier sans attendre que l'application soit terminée.

 

Logiquement, c'est là que la plateforme PaaS (Platform-as-a-Service) prend toute sa dimension. En effet, le PaaS permet à tous les acteurs intervenant au cours du cycle de vie de l'application de communiquer en employant un langage commun. « Le PaaS fournit des services tels que les frameworks d’exécution, les images applicatives et des ressources informatiques à la demande, qui ne sont plus à la charge de l’entreprise d'où d'intéressantes économies, ce qui permet de se concentrer uniquement sur le déploiement et l’exécution des applications dans le cloud, décrit Dominique Vo. Malgré la rupture imposée par le modèle, l'approche dynamique de la consommation à l'usage et son partage ont un effet hyper-structurant ».

Accompagner le changement de culture de l'entreprise

DevOps sur une plateforme PaaS est la réponse aux attentes d'accélération du développement d'applications, sur mesure, plus rapide, et qui s'enchaîne. Cette approche qui accompagne la transformation digitale des entreprises nécessite en revanche de mettre en place une forte conduite du changement. Certes, elle se veut de bon sens et pragmatique, reposant sur des visions et objectifs partagés par les équipes projets et métiers. Mais cette dynamique doit être impulsée au niveau de la culture d'entreprise, « sans nécessiter un manager mais plutôt du leadership, avec des talents et des compétences dans une équipe projet ». Si l'entreprise adopte la culture DevOps et la déploie sur un PaaS, rien ne pourra plus l'arrêter...

Yves Grandmontagne

Pour aller plus loin

Webinathon n° 6, Jeudi 14 avril 2016 : le programme en détail et s’inscrire

Iaas, Saas, Paas : je passe au cloud, mais lequel ?

Quel OpenStack pour mon entreprise ?

Le cloud expliqué à votre DSI

 

Yves Grandmontagne

Observateur privilégié de la transformation digitale et de l'engagement numérique des C-Level, partenaire des grands clubs de décideurs IT, je suis le  rédacteur en chef d'IT Social. Depuis plus de 35 ans, avant même que le PC n'existe, je vis l'aventure de l'informatique. Journaliste depuis plus de 15 ans, je suis co-fondateur de Silicon.fr, j'ai collaboré à L'Informaticien, IT for Business, Programmez, Le Monde Informatique, et j'ai été le dernier rédacteur en chef du magazine CIO.