Derniers kilomètres avant le véhicule connecté

Partager

La voiture connectée transmettra en temps réel des informations sur le véhicule et son conducteur aux assureurs. Quels nouveaux services en attendre et quels seront les avantages pour l’assuré ? Le point avec Emmanuel Routier, Vice-président Verticals, IoT & Analytics chez Orange Business Services.

Des données difficiles à obtenir

Toutes les voitures sont aujourd’hui équipées d’un ordinateur de bord qui centralise des informations techniques (kilométrage, température d’huile, pression des pneus, consommation...) et des informations relevant de la conduite, obtenues grâce à des mesures de freinage et d’accélération. Générées par des capteurs, ces informations suscitent bien des convoitises. Les assureurs, par exemple, souhaitent y accéder pour améliorer le service client, définir de nouveaux contrats, moduler les tarifs…

Mais à ce jour, ces données ne peuvent être extraites de la voiture. « Il existe bien un port dédié, le port OBD qui permet de récupérer ces données. Mais en l’absence de standardisation complète, la localisation de ce port ainsi que le format de transmission des données sont spécifiques à chaque constructeur. Voire à chaque véhicule. Obtenir la collaboration du constructeur s’avère indispensable pour accéder à ces informations », explique Emmanuel Routier, Vice-président Verticals, IoT & Analytics chez Orange Business Services.
 

De la boîte noire…

C’est pourquoi les assureurs ont recours à des dispositifs additionnels pour utiliser les données relatives au véhicule ou à son conducteur. Soit grâce à une application sur Smartphone, qui transmet des informations très basiques (via le système de localisation, l’accéléromètre, le gyroscope…), soit via une boîte noire installée dans la voiture. En Italie, les assureurs ont massivement adopté ce système pour lutter contre la fraude et le vol de véhicules. Les boîtes noires sont fournies à la souscription du contrat d’assurance.

À l’avenir, les assureurs accèderont à des données plus riches et plus fiables en connectant leur boîtier au port OBD de la voiture. « La transmission des informations se fera soit par le boîtier équipé d’une carte SIM, soit en Bluetooth via le smartphone de l’utilisateur », précise Emmanuel Routier. « Toutefois, il faut prendre de grandes précautions pour accéder à l’informatique embarquée de la voiture. D’une part, pour ne pas perturber les applications internes, d’autre part pour éviter toute intrusion d’un hacker ».

 …à la voiture nativement connectée

Dans quelques années, toutes les voitures seront nativement connectées en usine. Cela permettra de généraliser à tous les véhicules des services innovants tels que l’assistance en cas de panne, la maintenance préventive (selon le kilométrage parcouru, les paramètres transmis par le moteur…), ou encore les offres de coaching (initiation à l’éco-conduite)…

Mais cela leur permettra surtout de rendre systématique la modulation du tarif du contrat en fonction de la conduite de l’assuré. Aux États-Unis, où ces tarifs sont devenus courants, un assuré peut bénéficier d’une réduction atteignant 30 % !

« Grâce à ces données, l’assureur évitera les arnaques à l’assurance, pourra mieux évaluer les risques et ajuster les tarifs, personnaliser les offres… Mais l’expertise d’un prestataire lui sera généralement indispensable, pour collecter les données, les anonymiser, les valoriser, les héberger en toute sécurité… », souligne Emmanuel Routier. « Une expertise "BtoC au service des BtoB" qu’Orange Business Services détient et que nous avons démontrée avec la solution Flux Vision. Nous savons valoriser les données mais aussi protéger le client final ».

 De nouveaux acteurs pour un vaste marché

Si la voiture connectée offre des avantages à l’assuré, elle ouvrira aussi la voie à de nouveaux acteurs. Les constructeurs automobiles pourront collecter des informations techniques pour améliorer le design du moteur ou du véhicule. Les sociétés de location de véhicules ou les services de « car sharing » pourront localiser la voiture et en suivre le kilométrage tandis que les utilisateurs pourront l’ouvrir et la démarrer avec leur smartphone. Les garagistes en optimiseront l’entretien ou la réparation. « Mais pour cela, il faudra résoudre de nombreux problèmes : étendre la standardisation des données, résoudre les questions de propriété des données, sécuriser leur hébergement… », rappelle Emmanuel Routier.

 La voiture connectée, préalable à la voiture autonome

Et après ? La voiture connectée est souvent présentée comme une étape précédant la voiture autonome. Mais plusieurs étapes devront être franchies avant d’en arriver là : il faut améliorer la robustesse du système, aménager le réseau routier… Cela va prendre du temps !

En attendant, la voiture connectée fera naître de nouveaux usages, comme l’autopartage qui est une pratique en forte croissance. « Pour préparer ces évolutions, Orange Business Services a adopté une approche verticale, afin de comprendre et d’anticiper les besoins et les usages, de nouer des partenariats avec les acteurs du marché… Les technologies de la voiture connectées sont quasiment toutes disponibles : il faut maintenant imaginer les services qui l’accompagneront et les mettre en place » conclut Emmanuel Routier.
 

Pour aller plus loin

>> La voiture connectée, ce n'est pas qu'une question de sécurité
>> Fleet Performance : la solution de gestion des flottes