Quand la data nous transporte

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La data est le socle de grandes mutations dans le domaine des transports : qu'il s'agisse d’analyser les flux de voyageurs ou d'optimiser les trajets, la mise à disposition des données pour tous les modes de transport devient la règle. Objectif : développer des solutions innovantes de logistique urbaine et routière.

Une analyse des flux de trafic en temps réel

C’est aujourd’hui acté : le développement de l’internet des objets et du Big Data transforme progressivement la gestion du trafic en ville ou sur les grands axes routiers. Les sociétés de transport, qui s’appuyaient jusque-là sur la statistique pour établir des schémas prédictifs, peuvent désormais compter sur un écosystème technologique performant pour collecter, transporter et analyser des données en temps réel. Elles sont en mesure d’observer toujours plus finement les flux de voyageurs sur un axe routier ou dans les transports publics. Et de développer des applications variées : informer le voyageur sur les meilleurs itinéraires, adapter l’offre de transport en période de pointe en proposant des bus ou des navettes à la volée… Sur la route, les informations sur le trafic peuvent également être utilisées pour ajuster le timing des signaux et les itinéraires des véhicules.

La Grande-Bretagne fait office de laboratoire dans ce domaine. Nos voisins anglais expérimentent différentes solutions depuis plusieurs années déjà : la ville de Nottingham a par exemple mis en place un système de géolocalisation des véhicules de transport public dont les informations sont retransmises en direct sur les réseaux sociaux. La start-up londonienne AppyParking collabore avec Nissan et RCI Bank and Services afin de répondre à la problématique de la recherche de places de stationnement dans les agglomérations. Elle développe pour cela une application capable d’identifier des emplacements libres et d’en informer directement les conducteurs. Le Royaume-Uni a par ailleurs lancé le premier projet pilote d'autoroute connectée au monde. Des capteurs placés sur les bandes routières évaluent le trafic et émettent une série de signaux permettant de réagir rapidement en cas de congestion de la circulation et d'imposer une limitation de vitesse aux automobilistes en fonction du trafic.

Une combinaison efficace des moyens de transport

Les prévisions mondiales en termes d'urbanisation annoncent une hausse de la densité urbaine de 30 % dans les 15 prochaines années, selon McKinsey. Un vrai défi pour les transports urbains ! Une partie de la solution pourrait venir de l'exploitation intelligente des données urbaines. Partagées entre les différents transporteurs, elles permettraient aux usagers de combiner beaucoup plus efficacement les moyens de transport tout au long de leur trajet : autopartage, VTC, vélos en libre-service, taxis… Des offres logicielles comme GEO4CAST, spécialiste des données géolocalisées, permettent déjà aux acteurs de la mobilité d’optimiser au mieux les parcours de chaque individu.

Cet idéal de gestion connectée et intelligente des transports va rendre toujours plus indispensable la coopération entre acteurs publics et privés pour une mise en commun de la data. Le développement de l’Open Data est d’ailleurs sur la feuille de route du Gouvernement français dans le cadre de sa stratégie nationale de mobilité pour 2018. Si de nombreuses initiatives d'Open Data existent, les données restent aujourd’hui très peu exploitées. Des partenariats fructueux ont toutefois déjà vu le jour, à l’image de la ville de Lille, qui a mis en place avec la start-up Waze un GPS collaboratif qui fournit à la métropole des informations sur le trafic en temps réel, en échange d’informations comme les événements sportifs, les travaux ou les brocantes qui impactent la circulation.

Une multiplication des véhicules partagés et autonomes

Le partage de véhicule a le vent en poupe : selon le cabinet Frost & Sullivan, le nombre de véhicules en auto-partage dans les entreprises devrait passer de 2 000 en 2014 à près de 85 000 en 2020, et leur nombre d'utilisateurs de 38 000 à 1,3 million. La multiplication des plateformes de partage, la généralisation des technologies de géolocalisation et la démocratisation des boîtiers communicants facilitent la réservation et la gestion des parcs de véhicules. Des applications dédiées au court-voiturage comme Karos enregistrent même les données relatives aux habitudes de déplacement pour anticiper les prochains trajets et proposer une mise en relation automatisée entre les passagers.

Jusqu’où serons-nous transportés par la donnée ? La prochaine étape semble être celle de la voiture connectée. Equipée d’ordinateurs intégrés, de récepteurs GPS ou d’interfaces de réseaux sans fil à courte portée, elle collectera elle-même les informations pour communiquer avec d’autres véhicules. Informée de l’état du trafic, des accidents et des dangers potentiels, des heures de départ et d’arrivée, elle pourra envoyer des alertes en cas de conduite dangereuse ou d’usure du moteur, et mettre en relation conducteur et constructeur ou concessionnaire. Ces véhicules d’un nouveau genre seront totalement dépendants de la data, car ils sont le fruit d’algorithmes d’apprentissage avancés et d’informations fondées sur l’expérience. En résumé, plus la voiture et son ordinateur parcourent de kilomètres, plus ils apprennent ! Le partage de la donnée entre les différents acteurs du transport sera, une fois encore, au cœur du progrès.

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