Nouvelles technologies de présence : atteinte à la confidentialité ou outil de productivité ?

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Les informations de présence font partie du paysage informatique depuis la fin des années 1990, période d'émergence des messageries instantanées. Mais contre toute attente, les technologies correspondantes ont mis beaucoup de temps à se développer. Aujourd'hui encore, la plupart des solutions de présence se contentent de vous faire savoir si un utilisateur est connecté à internet ou non. Vous aurez une idée un peu plus précise de son activité, s'il a pensé à indiquer son statut (occupé ou au téléphone). Aujourd'hui, le FX Palo Alto Laboratory créé par Fuji Xerox a développé myUnity, un système de présence destiné à fournir une visibilité beaucoup plus large sur l'activité de vos collaborateurs.

Conçu pour le système d'exploitation Windows et pour le smartphone Android, myUnity affiche en détail l'activité des collaborateurs dans un panneau similaire à une liste de contacts visuelle. L'application utilise de nombreuses sources d'information pour représenter les activités des collaborateurs.

Grâce au GPS assisté et à la triangulation Wi-Fi, le système peut déterminer l'emplacement d'un téléphone mobile exécutant l'application. Ainsi, la vidéo filmée par la webcam d'un utilisateur peut servir à savoir ce qu'il est en train de faire. La technologie est suffisamment sophistiquée pour indiquer s'il y a un visiteur dans la pièce, par exemple.

En 2001, Microsoft avait présenté un projet de recherche analogue faisant appel à une webcam et à un micro pour essayer de déterminer ce qu'un utilisateur était en train de faire. La technologie tentait même d'analyser la posture et l'expression de celui-ci afin de savoir s'il s'ennuyait ou s'il travaillait effectivement sur une tâche.

En quoi ces technologies pourraient-elles favoriser la collaboration dans les entreprises ? Les premières études ont montré que le nombre de conversations en face à face augmentait lorsque le produit test était régulièrement utilisé dans une entreprise. Sachant qu'une personne est favorable à une communication en temps réel, vous serez évidemment plus enclin à l'appeler qu'à lui envoyer un e-mail.
Ces technologies ont bien sûr leurs revers. Certains collaborateurs peuvent se sentir menacés par le fait de se savoir surveillés aussi ouvertement. L'application permet donc aux utilisateurs de définir la quantité d'informations à partager et également de limiter l'accès à certains emplacements (comme leur domicile).

Ces technologies peuvent être un atout à exploiter si les entreprises y recourent de manière responsable et laissent aux utilisateurs la maîtrise complète des informations qu'ils souhaitent partager. Il serait particulièrement intéressant de les voir plus étroitement intégrées dans des systèmes de communication unifiés : vous pourriez ainsi simplement accéder aux informations concernant un collaborateur à l'aide de votre application de contacts, au lieu de consulter un panneau visuel contenant la liste de tous vos collaborateurs. Peut-être sommes-nous sur le point de voir apparaître une nouvelle génération de solutions de présence qui pourraient rapprocher les gens comme jamais auparavant.

Stewart Baines

Journaliste depuis prés de 20 ans et diplomé en Sciences et Philosophie, j'ai créé en 2002, l'agence Futurity Media avec Anthony Plewes. L'objectif de notre agence est d'accompagner les entreprises à identifier des sujets émergents dans le domaine des nouvelles technologies.