Le fax et la fibre ou le mariage de la carpe et du lapin

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Le projet « Palaiseau, Ville 100% Fibre » lancé en 2012 avait pour objectif d’expérimenter, à l'échelle d'une commune, les impacts de la bascule des offres télécom cuivre vers des offres sur fibre optique ou sur mobile. Retour sur ce projet.

Le pré-requis de cette expérimentation, qui concernait les particuliers et les entreprises, a été d'identifier les usages des différents accès cuivre (RTC / ADSL) pour proposer une solution de substitution appropriée. Les réponses spontanées reçues sur l'utilisation des télécoms sont la voix et l'internet/ l'intranet. S’y ajoutent également les lignes téléphoniques pour des flux non vocaux afin de répondre à des usages "historiques".

Quels sont ces usages "historiques" et pourquoi persistent-ils ?

La ligne téléphonique est aujourd'hui massivement utilisée pour le suivi de réseaux industriels, en raison de sa relative facilité d'installation partout en France, de sa télé-alimentation et des faibles débits transmis. Mais la ligne téléphonique est également utilisée pour connecter :

  •  des centrales d'alarmes d'ascenseurs,
  • des équipements de télésurveillance
  • des machines à affranchir, terminaux de paiement, équipements type Carte Vitale, etc…

Le recensement de ces usages et les impacts d'une migration dans un monde multiplay et haut débit a fait l'objet d'un rapport par le cabinet COGISYS à destination de l'ARCEP il y a un an et la volumétrie annoncée n'est pas anecdotique (2.2 millions de lignes selon COGISYS). Palaiseau a été l’occasion de confirmer ce fort taux de lignes de type Machine to Machine.

Dans l'ensemble, c'est la force de l'habitude et justement la volumétrie concernée qui expliquent le maintien de ces usages. Le mode de fonctionnement retenu est maîtrisé et satisfaisant, les budgets attribués sont connus, et a priori, ce sont rarement des sujets motivants pour des équipes IT.

Alors pourquoi changer ?

La tendance de fond est bien l'évolution massive vers l'IP et le multiplay. Mais c'est davantage le déploiement de la fibre Grand Public qui remet en question les repères traditionnels. En effet, aujourd'hui, alors qu'il n'y a pas de contrainte connue sur le nombre d'accès cuivre d'un site client, il en existe sur les accès FTTH (une fibre par équivalent logement selon l'ARCEP, deux préconisés par Objectif Fibre.)

Si la cohabitation cuivre et fibre perdure, l'accélération des déploiements, les réflexions autour des zones fibre comme l'évoque le rapport Champsaur sont l'occasion de s'interroger sur la transformation de ces usages « historiques » et de les anticiper. D'autant qu'il existe souvent des solutions alternatives sur le réseau mobile ou sur le réseau fixe.

L’exemple flagrant est le fax

Ce dispositif que beaucoup pensent disparu mais qu'on retrouve de facto dans de nombreuses entreprises (30% des TPE selon certaines études, 71% des sites entreprises selon d'autres). Nous en avons retrouvé à Palaiseau sur des sites clients de toute taille.

Le fax représente un vrai coût pour l'entreprise : c'est une ligne téléphonique avec un abonnement mensuel et des coûts de communication, un équipement avec un contrat de maintenance et des fournitures (papier, toner, etc).

Il existe déjà des solutions alternatives au fax, la principale étant la messagerie électronique avec les pièces jointes. Des dispositifs complémentaires permettent le stockage à distance, le partage d'agendas, la signature électronique pour sécuriser l'échange. Mais on peut aussi utiliser des applications métier dans le Cloud, voire un réseau social. Et si votre correspondant est un irréductible du fax, vous pouvez toujours transformer un message électronique en fax papier.

Néanmoins, nous avons constaté que la transformation reste difficile et nécessite une volonté réelle de la direction. Le déploiement de la fibre FTTH et la forte communication que ce déploiement génère peuvent donc être un déclencheur opportun pour réfléchir également à l’évolution de ces usages historiques pour les faire passer dans le monde digital.

 

Pour en savoir plus :

La fibre optique pour les entreprises

 

Carole Angelelli

La fibre et moi, c’est une longue aventure. Démarrée il y a dix ans au marketing entreprises. Poursuivie depuis avec le FTTH, le projet Palaiseau et les Villes 100% Fibre. La fibre est un booster de productivité dans les entreprises mais elle remet aussi en question nos habitudes. Mon objectif : démystifier le sujet au quotidien, mettre en avant les opportunités et promouvoir ce support de transformation pour nos clients.