Reportage sur une industrie en crise

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La crise, la crise, tout le monde en parle. Pour le premier reportage de l'année dans ces colonnes, nous sommes allés au mépris du danger à quelques kilomètres au Nord de Paris rencontrer un des responsables de cette industrie. Veuillez noter que pour la compréhension, cette interview a été traduite dans un français à peu près normal. La version originale est disponible sur demande dûment justifiée.

Le décor, une cité de banlieue. Nous somme reçu dans une cave d'un des immeubles, par appelons le, Momo. Momo est un des plus grand pourvoyeur en matériel contrefait, et plus particulièrement en audio, vidéo, et multimédia.

-Bonjour Momo, pouvez vous nous raconter votre histoire ?
-J'ai commencé, il y a plus de 25 ans par copier des cassettes, et les revendre dans le quartier, cela me suffisait. Puis est venu le CD, alors là, cela a été l'explosion. Tout le monde voulait des CD. En plus, cela m'arrangeait. Plus simple, plus rapide à copier, et surtout moins cher qu'une cassette, et vendu plus cher. Du caviar, quoi ! Rien qu'avec les bénéfices, je pouvais m'acheter une BMW neuve par mois, et 10 personnes travaillaient pour moi. Aujourd'hui, je n'ai plus que Manu, et c'est à peine si je peux acheter une Dacia par trimestre.
-Mais que c'est il passé ?
-Tout a commencé vers 1994/95...
-Là, je ne comprends pas. A cette époque peu d'Internet, pas de mp3, et pas de P2P ?
-Non, effectivement. Tout simplement plus personne ne voulait ce qui sortait, on pourrait juste attribuer cela à une baisse de la qualité. Pas de chanson bien écrite, pas d'artiste charismatique... L'industrie du disque faisait trop confiance à des logiciels comme Protools, mais même si c'est un outil fantastique, il faut savoir s'en servir, et avoir de bonnes chansons. Hélas ni l'un ni l'autre n'est réalisé... Puis, après, dans les années 2000, vous avez raison Internet et le P2P ont fini de nous décimer. A quoi bon, fournir des produits, puisque tout le monde les avaient gratuitement en téléchargeant.
-Vous avez un message à faire passer aux pouvoir publics qui sont en train d'étudier la proposition de loi HADOPI?
-Bien sûr, il faut durcir la loi, et empêcher le téléchargement illégal. Il faut responsabiliser le téléchargeur par des sanctions pénales réellement applicables pour que ce fléau soit enrayé. La riposte graduée est trop molle. Il en va de notre profession, des milliers d'emploi dans les cités sont menacés.
-Mais, vous ne craigniez pas qu'en durcissant la loi, cela s'applique aussi à vous ?
-Non, cela fait plus de quarante ans que la Police Nationale ne s'est pas approchée à plus d'un kilomètre de cette cité, alors...
-Une note positive quand même pour finir ?
-Oui, l'année dernière, nous avons fait un carton avec les jeux vidéo !
-Pourtant, ils sont aussi téléchargés ?
-Oui, bien sûr, mais les nouveaux DVD coutent cher, et peu de nos clients ont le matériel pour les graver. Mais, c'est surtout grâce aux protections anti-copie de ces jeux que nous avons fait un boom. Ceux-ci, possèdent tellement de verrous qu'il deviennent injouables. Savez vous que l'on a vendu un Spore sans protection majoritairement à ceux qu'il l'avait acheté, fantastique, non ?
-Merci, Momo de nous avoir consacré un peu de votre temps que nous savons si précieux. S'il vous plait, vous pourriez rappeler vos pitt-bulls que nous puissions sortir.

Comme vous le voyez la crise de l'industrie du disque touche tous les secteurs connexes. Il faut d'urgence une loi pour rétablir le plein emploi dans ce secteur.
Par déontologie professionnelle, je ne donnerai pas l'adresse de Momo, j'ai juste son catalogue au cas où.

Nicolas Jacquey
Philippe Maltere

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