Des nouvelles du front du SPAM

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Le 3 mai 1978, Gary Thuerk, commercial chez Digital Equipment Corporation (DEC) a eu la malheureuse idée d'utiliser ARPANET pour envoyer une présentation des produits de l'entreprise, alors une gamme de mini-ordinateurs PDP et VAX, à 393 personnes qui n'avaient rien demandé à personne. Le premier SPAM était né.

L'expéditeur ne s'étant pas caché et la bande passante étant à cette époque misérable (quelques dizaines de Kb/s) mais fort chère, le commercial s'est fait vertement assaisonné par sa hiérarchie suite aux plaintes des malheureuses victimes, mais également l'Administration ARPANET elle-même alla jusqu'à la plainte officielle contre DEC.

Pour les nostalgiques, le pourriel originel et ses destinataires sont visibles sur le site de Brad Templeton.

Depuis, les SPAMs sont devenus anonymes, et il n'est pas rare que le récepteur se demande même l'intérêt d'un pourriel tant l'adresse d'expédition est fausse et le texte ne vend rien ou n'incite pas à aller sur tel ou tel site ou acheter tel ou tel produit. Pure pollution donc...

Avec la crise économique, des nouveaux vendeurs se sont lancés dans cette pratique : les chinois. Ceux-ci, voyant que leurs ventes s'écroulaient et des milliers d'emplois détruits, se sont sans doute imaginés que cette méthode allaient inciter à l'achat, malgré la traduction fantaisiste de leurs textes promotionnels.

On pouvait donc imaginer que le SPAM allaient se multiplier alors qu'il semblerait qu'au contraire le SPAM soit aussi en crise. En effet, d'après l'étude faite par la société Arkoon Network Security, d'un pourcentage moyen de 74% de pourriels, le nombre serait descendu à 59%. Le motif serait la fermeture de l'hébergeur de sites WWW McColo, connu pour héberger des gangs de spammeurs.

Cependant, avec la crise, les SPAMs pour que tout un chacun devienne riche à outrance en quelques minutes font une remontée spectaculaire parmi les thèmes habituels classiques que sont pharmacie, ventes de produits divers...

Malgré de plus en plus de pays qui établissent des lois pour punir cette pratique, il semblerait qu'elle ne soit pas prète de s'arrêter...Malheureusement.

Nicolas Jacquey
Blogger Anonymous

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