Retour vers le futur !

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Pourquoi aujourd'hui ne décide t-on pas d'utiliser le VDI ?

Why do people decide NOT to use VDI today a écrit Brian Madden dans un de ces derniers articles (15-janv); il expose les principaux griefs exprimés par de potentiels décideurs issus du management ou d'environnement technique à l'encontre de cette technologie.

Les critiques avancées :

  • Perception que la technologie n'est pas au point
  • les offres sont trop complexes
  • TCO important, pas de réel ROI
  • Déjà utilisateur de solution terminal services/xenapp satisfaisante

Je suis assez d'accord avec ces retours, mais attention, je ne dis pas que c'est la réalité, je suis seulement d'accord avec le fait que des gens peuvent penser cela...

Essayons d'expliquer ces aprioris

En premier lieu ces conclusions viennent souvent d'une méconnaissance de la technologie, en confondant Xenapp avec Xendesktop, en pensant que VDI est forcément un produit de Vmware, ou en ne faisant pas la différence entre la virtualisation de serveurs/  poste /application/ bureau utilisateur.

Il est vrai que le VDI est LA solution dont on parle actuellement, pourtant ce n'est pas pour autant LA solution à tous les problèmes !

Dans les présentations, on assiste aujourd'hui à la bataille des fonctionnalités entre éditeurs, X2.3 est mieux que Y2.0 ! oui mais la nouvelle version de Y3.0 sera encore meilleure...
Au mieux les retours présentés sont axés « test en laboratoire », plutôt que réels retours d'expériences. Erreur classique de mauvais consultant qui n'analyse pas le contexte, le besoin client, l'existant et fonde tout son discours sur les dernières spécificités techniques.

Pourtant à  la croisée des mondes poste lourd / service terminal, le VDI ouvre l'accès à de nouveaux univers : solution pandémique, développement of shore, petite structure à connecter hâtivement, déploiement rapide et efficace de postes utilisateurs.

Avec moins de difficulté  pour porter et homologuer les applications que sur un environnement TS/Xenapp, le poste virtuel apporte de réelles améliorations dans l'expérience utilisateur en monde virtuel. De là à placer du VDI systématique à la place de TS/Xenapp, la tentation est grande... il faut toutefois rester vigilant sur certains points comme le nombre assez limité de postes virtuels sur un même serveur, la gestion du multimédia qui comporte de nombreuses limites, l'utilisation sur liens Wan & internet à faible débit, le stockage sur SAN... (voir les limites du vdi),

Coté finance, ce qui coute réellement c'est la maintenance de plusieurs infrastructures, et la non volonté d'aller jusqu'au bout de la démarche de virtualisation du SI.
TCO et ROI  sont souvent calculés pour un projet de transformation avec une étude exhaustive des coûts, mais l'analyse n'est pas aussi complète et pertinente quand il s'agit de migration de matériel ou d'OS d'un poste de travail. La réingénierie, le temps d'indisponibilité, la ré homologation des applications, le support post déploiement sont souvent oubliés des tableaux de bords. Il devient facile alors de dire que la virtualisation coutera plus cher.

Motivé par les « quick win » et l'économie d'argent à très court terme, il faut bien comprendre que le VDI comme le server based computing commence par couter (matériel, étude, logiciels) pour être très rentable à moyen terme.
Je vous accorde toutefois que coté licences, de grands efforts restent à faire, surtout du coté de certains éditeurs de logiciels.

Mais le vrai challenge du VDI est d'initier une évolution des compétences et des métiers. En effet les études VDI sont aujourd'hui conduites par les équipes « vieille école » poste de travail (qui ont souvent peur de perdre du périmètre) plutôt que par les équipes Citrix/TS ou en charge de la virtualisation des serveurs, pourtant plus aguerris au contexte associé. Le VDI doit être un vrai projet global d'entreprise sur la refonte et la façon de voir le poste de travail utilisateur, en rénovant également les process et l'approche applicative.

Pour terminer, ci dessous une réflexion personnelle faite dernièrement...

Aujourd'hui personne ne dément les solutions Citrix Xenapp /TS, la performance légendaire d'ICA (et du nouveau RDP), et du ROI prouvé de ces solutions.
Pourtant il y a 10 ans les principaux griefs contre le Server Based Computing avancés par les décideurs étaient :

  • Perception que la technologie n'est pas au point
  • les offres ne sont pas claires
  • TCO important, pas de réel ROI
  • Déjà utilisateur de solution poste lourd + serveurs centraux satisfaisante

Bon retour dans le futur McFly !

Patrice Boukobza

Nicolas Jacquey
Patrice Boukobza
Aujourd'hui consultant en virtualisation, et cela depuis plus de 12 ans avec une forte expérience des grands comptes, Patrice a commencé l'informatique au siècle dernier, quand internet n'existait pas encore et que les premiers réseaux de PC commençaient à voir le jour. Il a vu l'avènement de ces PC et de Microsoft en entreprise puis chez les particuliers, et a connecté les premiers modems pour surfer sur internet. 
Il garde un souvenir suranné des années "internet" avec le fameux bug de l'an 2000 où il a fait partie des équipes luttant contre cette crise potentielle, comme 10 ans plus tard il fût acteur sur le sujet de la pandémie H1N1.
Habitué des blogs (il en possède 3 personnels), il est un des contributeurs principaux du blog virtualisation d'Orange.