Comment la blockchain booste l’innovation au sein des DSI ?

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Si l’engouement pour la technologie blockchain s’est d’abord porté sur la finance et plus précisément sur la cryptomonaie, l’imagination débordante des ingénieurs en a fait un outil puissant au service de nombreux autres corps de métier. Penchons-nous sur les gains de la blockchain pour les DSI.

Une brève histoire de la blockchain

A vrai dire en 2019, on ne sait toujours pas qui se cache réellement derrière le pseudo de Satoshi Nakamoto. Un individu ou un groupe d’individu ? Peu importe, saluons juste aujourd’hui son génie créatif. Fruit d’une réflexion sur l’évolution des méthodes de sécurisation et d’historisation des transactions, le concept de la blockchain était né en 2008. Il s’est ensuite retrouvé mis en application l’année suivante, au travers d’une cryptomonnaie devenue très populaire, le « bitcoin ».

A titre de rappel, ce qui différencie macroscopiquement le principe d’une blockchain par rapport aux mécanismes de certification actuels, c’est son approche spécifique de l’autorité de certification. Décentralisée, elle fonctionne sans organe central de validation. C’est donc une première dans le monde du certificat !

Au final, basée sur le consensus entre ses membres, dans le cadre du bitcoin, la preuve de bonne exécution des transactions résulte d’une puissance de calcul complexe et décentralisée réalisée par des participants appelés mineurs. La base de données des transactions organisée par une blockchain est donc supposée infalsifiable, distribuée et aussi historisée.

Notons ensuite qu’il existe d’autres méthodes de consensus. Sans entrer dans les détails, elles tentent d’apporter encore plus de sécurité, notamment vis-à-vis de contrôle de la majorité des points de minage. Enfin, qu’elle soit publique ou privée, une blockchain restera globalement contraintes aux mêmes règles de fonctionnement. Outre l’intérêt que l’on peut y voir pour les métiers autour de la finance, la mécanique même de la blockchain, représente une réelle opportunité pour le reste de l’entreprise.

La blockchain source de gain pour la DSI

A l’heure de la révolution numérique, nombre d’applications peuvent s’enrichir par l’adjonction d’une technologie de type blockchain. Cette dernière outre fiabiliser des cas d’usages réservés aux métiers, peut aussi apporter son lot de gains à aux processus de la DSI. A titre d’illustration, penchons-nous donc plus précisément sur quelques exemples significatifs de ce contexte spécifique.

Rappelons au préalable, que les activités de la DSI en grande entreprise reposent de nos jours sur les services qu’elle fournit à ses entités et filiales. Son activité propre gagne notamment à se voir mieux structurée et peut aussi par rebond, être génératrice de valeur forte pour ses clients internes.

On citera donc dans ce registre en premier lieu, l’habilité à compartimenter et à partager l’information sensible : dans une entreprise, les logs téléphoniques ou les historiques d’emails sont des éléments sensibles. Cependant, ils doivent souvent être mis à disposition pour être retraités à but de production de rapports de performance pour les équipes de vente ou pour permettre d’entrainer des moteurs d’apprentissage (Machine Learning) destinés aux analyses stratégiques et autres agents conversationnels.

Ces informations doivent aussi être encryptées et leur accès strictement encadré, notamment en environnement bancaire. Enfin, elles doivent être tracées avec soin au niveau consultation. La blockchain pourrait être ici une clé de voute d’un tel dispositif sécuritaire.

Dans un autre registre, la performance autour du collaborateur pourrait être améliorée. En décernant des récompenses sous forme de « token » suivi par une blockchain pour le suivi de formations, on pourrait ainsi contribuer à l’amélioration et/ou au maintien à flot des compétences. Véritable stimulateur d’engagement et de performance, notamment autour du helpdesk et du poste de travail, la blockchain apporte la dimension du temps réel à une mécanique de récompense souvent très inertielle et par la même occasion démotivante.

Au travers de ces deux cas d’usages, on peut imager une infinité de variantes ou même d’autres cas d’usages totalement différents, tous au final, sources de gain.

Une manne de cas d’usages pour les DSI

On citera également d’autres domaines phare très dynamiques de la DSI, que l’on pourra explorer : la validation et le partage de documents légaux à destination des partenaires ou sous-traitants (smart contracting), le suivi du temps de travail et de ses feuilles de temps, les opérations ITSM, le suivi de la provision des ressources IT, sa refacturation ou encore les collectes d’opinions ou de votes.

Au final, la richesse des cas d’usages est telle, qu’il est facile de s’y perdre sans un minimum de méthodologie. Dès que l’on abordera des sujets généralisables, structurer l’approche permettra de rebondir plus facilement et d’en faire bénéficier les clients, filiales ou branches.

Structurer son approche blockchain à long terme

Pour franchir les caps du plan long terme en apportant la dimension d’innovation nécessaire à sa consistance, il faut s’armer des bons outils pour identifier les cas d’usages. En matière de blockchain, le DSI avisé structurera sa démarche avant de se jeter à corps perdu dans de coûteuses et multiples explorations, consultations, PoC et cela afin de gagner en crédibilité. Une étude soigneuse des besoins ciblée maximise l’identification des forces disponibles et les chances d’aboutir à un résultat industrialisable. Les études de challenge en innovations technologiques existent d’ailleurs à cet effet.

Si le domaine à explorer est grand, la méthode pour s’y attaquer est donc bien connue et maîtrisée. Au travers d’ateliers d’idéations, une équipe de consulting saura aider la DSI à réfléchir aux débouchés d’une telle technologie et les faire aboutir concrètement pour démontrer leurs valeurs.

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Thierry GLUZMAN

Consultant et Senior Manager, je m'intéresse plus particulièrement à la maturité technologique des entreprises. J'accompagne les DSI à l'évolution des plans ou feuilles de route. Pour cela, je propose des missions de challenge et d'audit de maturité technologiques.