La data, carte d’identité du véhicule connecté

Avec l’analyse des conditions de conduite, la géolocalisation et les nouveaux services après-vente, le rôle de la donnée dans le développement du véhicule connecté et l’activité économique des constructeurs est en pleine expansion.

L’état des routes et du véhicule en temps réel grâce à la data

La part grandissante de la connectivité au sein des véhicules génère une importante quantité de données, allant des informations sur les comportements de l’usager, jusqu’à l’état général de la voiture ou de certaines pièces.

Dans le premier cas, la data issue de l’analyse d’images réalisée par des caméras embarquées permet de détecter les mauvaises conditions sur la chaussée et aidera ainsi à adapter sa conduite pour plus de sécurité. L’analyse de données en temps réel permet également de suivre le véhicule pour connaître sa géolocalisation et son état à tout moment (verrouillage, propreté intérieure, etc.). Des informations notamment utilisées par les entreprises de « car sharing » ou les sociétés de livraison.

Selon Patrick Jeanbart, Head Of Connected Car Service chez Orange Business Services, « Le traitement en temps réel et la restitution extrêmement rapide des données nécessitent une connectivité puissante, comme l’edge computing ou des réseaux comme la 5G qui vont prendre de l’ampleur ».

La donnée pour mieux comprendre le cycle de vie automobile

La collecte et le traitement de données tout au long du cycle de vie du véhicule aideront à mieux comprendre son état et ses réactions face aux différents types de conduite, aux aléas extérieurs, mais aussi de mieux déterminer l’usure de ses composants. Une connaissance précieuse pour construire des modèles plus fiables et améliorer les services après-vente.

« Mieux estimer la fiabilité des pièces permet au constructeur de créer des simulateurs de coût pour les extensions de garantie, les contrats de maintenance et d’entretien. Il pourra aussi promouvoir le Total Cost of Ownership (TCO), c’est-à-dire la somme totale dépensée par le propriétaire d’un bien au cours du cycle de vie de ce dernier pour mettre en avant le coût de ses véhicules », ajoute Patrick Jeanbart

Le partage de la donnée pour de créer de nouveaux modèles économiques

Les constructeurs se tournent désormais vers des approches collaboratives visant un meilleur partage de l’information. Cela passe notamment par la création d’infrastructures communes d’agrégation et de traitement de données : le vehicule data hub. « Nous travaillons avec notre partenaire The Unbelievable Machine pour de grands constructeurs automobiles qui cherchent à affiner leur maintenance prédictive ou à réduire les temps de développement des véhicules grâce au big data et à la création de simulateurs », explique Patrick Jeanbart.

Le « vehicule data hub » inclut également de nouveaux modèles de création de revenus via la monétisation des données constructeurs auprès d’autres acteurs. Par exemple, les assurances utiliseront la télématique (association des télécommunications et de l’informatique) pour analyser les comportements des conducteurs, tels que l’accélération, le freinage ou encore la manière d’aborder un virage, pour ajuster les tarifs de leurs contrats. En cas de comportements vertueux, les gestionnaires de flottes pourront par exemple bénéficier de primes. Une approche pilotée par les données (data-driven) qui nécessite l’aide d’experts, qu’il s’agisse de déterminer les technologies à utiliser, les pistes d’utilisation de la data ou de mettre en place un politique de cybersécurité adaptée