Le numérique trace la route à la « smart logistique »

Partager


Il ne suffit pas d’injecter quelques briques de digital pour assurer sa transformation numérique. Elle doit être pensée, objectivée. De nouveaux business models se dessinent, la logistique entre dans une nouvelle ère !

La mission de Nov@log, en qualité de pôle de compétitivité, c’est justement d’accompagner les entreprises du secteur de la logistique dans leurs réflexions par l’émergence de projets d’innovation. Et les aider à capter à leur profit les nouvelles opportunités que rendent notamment possible les nouvelles technologies, le Big Data, l’IoT ou les plateformes d’intermédiation web.

Une logistique établie qui a besoin de transformation

Pendant longtemps, l’optimisation des moyens, localement, a été présentée comme le principal levier de compétitivité. Ce n’est plus le cas. Et même s’il reste toujours des progrès à réaliser (moyens de transports plus économiques, plus efficaces…), les vrais gisements de compétitivité se situent dans l’organisation et le pilotage global de la chaîne logistique. Des avancées notables peuvent être envisagées. L’organisation industrielle traditionnelle est amenée à évoluer pour être en mesure de produire à la demande ce que commande le client. Ce besoin de souplesse et de réactivité bouscule les modes de fonctionnement en silo et interroge les schémas statiques structurés par des contrats rigides entre donneurs d’ordres et prestataires. À cela s’ajoute un problème d’affectation des ressources et des infrastructures. Véhicules, containers, entrepôts restent globalement sous exploités avec des camions qui roulent partiellement à vide, des entrepôts mal utilisés à certaines périodes de l’année… Pour gagner en compétitivité, la logistique doit faire sauter tous ces verrous. Elle doit penser et faire autrement. Elle doit innover en profondeur en revoyant son organisation globale pour favoriser la collaboration entre les différents acteurs, donneurs d’ordres, équipementiers, prestataires de transports… , et leur interaction jusqu’au temps réel.

La recherche de compétitivité n’est pas le seul moteur

Tout pousse à cette transformation. La recherche de la compétitivité, bien sûr, mais aussi l’évolution de la réglementation sur les produits, leur conditionnement, leur transport, leur traçabilité. À chaque nouvelle réglementation, l’ensemble de la chaîne logistique est affecté et obligé alors, de « réagir ». Plus les organisations sont souples, plus elles sont en mesure de s’adapter aux nouvelles conditions et d’anticiper les changements.

Autre facteur favorisant l’innovation : la prise de conscience par les entreprises de leur responsabilité sociétale et environnementale (RSE). Avec la RSE, la recherche d’une performance durable devient un objectif majeur. Stratégique même. Car la diminution de l’impact environnemental et l’amélioration des conditions de travail représentent aujourd’hui autant d’éléments de différenciation pour les entreprises qui sécurisent leur développement et concourent à construire leur image et leur réputation. Tous les acteurs économiques sont concernés par la RSE. Y compris ceux de la logistique.

Optimisation logistique : les conditions sont là !

Aujourd’hui, la logistique est capable d’effectuer sa transformation. De devenir plus efficace, plus qualitative, de briser les silos. La raison de cette maturité ? Les nouvelles technologies notamment, qui favorisent le partage de l’information et le travail en collaboration. Désormais, un industriel peut partager facilement s’il le désire, et en temps réel, son carnet de commandes avec ses équipementiers, qui peuvent anticiper et adapter leurs rythmes de production aux besoins des donneurs d’ordre. Un progrès réel dans l’optimisation des chaînes logistiques et de la supply chain en général !

Partager l’information, c’est aussi favoriser la mutualisation, dans le domaine du transport ou de l’entreposage notamment. Grâce à des plateformes de mise en relation, le partage d’entrepôts, de camions et même de compétences permet de mieux tirer parti de l’ensemble des moyens logistiques. À la clé ? Une augmentation des rendements, et des gains de compétitivité durables au niveau économique, social et environnemental.

Les grandes tendances de la transformation logistique

Grâce aux nouvelles technologies et à de nouvelles approches de la logistique, des évolutions notables sont envisageables. Certaines sont déjà visibles :

  • De la supply chain au supply network
    Les centres de production deviennent de plus en plus multi-clients, multi-fournisseurs. Une usine de plastique ne se contente plus aujourd’hui de produire un élément pour une seule entreprise au sein d’une seule chaîne. Chaque supply chain est organisée autour d’un réseau de sites industriels et non plus sur une verticalité rigide et immuable avec des fournisseurs exclusifs. Ce cheminement est en cours.

  • Des chaînes de plus en plus pilotées par le client
    Jusqu’à présent, la production pilotait les chaînes : on fabriquait, on stockait et on vendait. La tendance s’oriente vers une production à la demande, du fait d’une customisation de plus en plus affirmée des produits. La supply chain est pilotée par le client et fonctionne à flux tendu. Elle se doit d’être de plus en plus réactive. Cette évolution pousse aussi à la différenciation retardée, c’est-à-dire à la « finition » des produits au plus près du lieu de vente. Cela peut être le cas pour de la personnalisation de vêtements ou de l’étiquetage spécifique de bouteilles d’eau. Certains produits de jardinage arrivent ainsi en vrac dans des entrepôts, où ils sont empaquetés sous différentes marques avant leur acheminement vers leur centre de distribution final.

  • La flexibilisation des chaînes : les plateformes d’intermédiation
    Grâce à internet, des plateformes digitales de partage de moyens voient le jour. Elles permettent de donner de la visibilité sur les disponibilités en camions ou en entrepôts et de les optimiser. Birdit offre aux déménageurs la possibilité d’échanger de la capacité de transport. De son côté, Stock Booking propose aux entreprises de mettre à disposition leurs capacités d’entreposage auprès des sociétés qui en ont besoin de manière temporaire. Pilgreem s’occupe même du partage de main d’œuvre. Grâce à ces nouvelles médiations, les moyens peuvent être utilisés au maximum de leurs capacités pour une meilleure rentabilité.

  • Les mobilités mixtes
    Le phénomène d’ubérisation et d’économie collaborative touche aussi la logistique. Du moins, des pistes se dessinent pour utiliser les déplacements personnels afin de transporter de la marchandise, essentiellement dans les zones urbaines. Un trajet domicile/travail peut ainsi être abordé comme une ligne régulière pour du transport de colis vers des points relais par exemple. Moins de coûts, moins de pollution : ce type de solution apparaît comme très prometteur et les freins réglementaires évoluent pour qu’elle puisse se mette en place dans un avenir proche.

  • Les objets connectés
    Des capteurs sur des bennes de chantier qui alertent le prestataire quand elles sont presque pleines, d’autres capteurs sur des fûts de bière qui signalent au fournisseur une rupture de stock imminente… Par sa capacité à transmettre des données automatiquement et en temps réel, l’Internet des Objets (IoT) permet aux fournisseurs d’optimiser leurs services. Cette technologie entraîne une inversion des rapports entre les acteurs de la chaîne logistique : ce n’est plus le client mais le fournisseur qui est en mesure d’organiser les flux.
    Encore faut-il que le client accepte de partager ses informations. Car le vrai défi de la transformation logistique réside dans la capacité des acteurs à se hisser à un très haut niveau de collaboration. Cela demande de la confiance et, surtout, de changer sa façon de penser.

     

Novalog, l’unique Pôle de Compétitivité dédié à logistique et la supply chain
Pour répondre aux impératifs de compétitivité des entreprises et services logistiques, Novalog assure l’accompagnement, la labellisation et la recherche de financements de projets collaboratifs innovants. Le pôle apporte aux entreprises un appui méthodologique et une aide active au montage de projets porteurs de croissance et créateurs d’emplois.
En 2017, Novalog c’est :  
    •    198 projets labellisés
    •    + de 120 adhérents
    •    + de 530 partenaires
    •    + de 119 millions d’euros de financement alloués

 

 

Pour aller plus loin

Philippe Deysine - Délégué Général, Novalog
Philippe Deysine

Diplômé de l’Ecole Polytechnique et de Telecom Paristech, précédemment en charge du développement et de l’intégration des TIC au sein d’entreprises de services du numérique, je suis actuellement délégué général du pôle de compétitivité Nov@log. La mission du cluster est d’accélérer l’émergence et le développement de projets d’innovation en logistique et supply-chain pour les grandes entreprises et les PME.