La co-innovation entre universités et entreprises, une collaboration d’avenir

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À l’ère de la transformation numérique, les mondes universitaires et de l’entreprise tissent des liens toujours plus étroits : ces derniers s’illustrent par différents modes de collaboration, à l’image du dispositif déployé par Institut Mines-Telecom Business School, grande école de commerce française.

L’enseignement, une ressource indispensable pour l’entreprise

En France, la sphère de l’enseignement supérieur s’ouvre de plus en plus à l’innovation et au monde de l’entreprise. Des étudiants toujours plus nombreux créent leur start-up, parfois même avant d’obtenir leur diplôme. Dorénavant, l’entreprise partage son expertise et accompagne l’entreprenariat, tandis que les étudiants lui apportent un regard nouveau sur ses problématiques et les enseignants-chercheurs une capacité d’analyse et d’anticipation.

Pourquoi ? Parce que la transformation digitale impose à la fois aux entreprises d’aller chercher à l’extérieur de nouvelles idées - pour mieux comprendre des évolutions toujours plus rapides - et aux universités et écoles de s’ouvrir au marché du travail.

Si cette réflexion peut être menée avec un cabinet de conseil, il arrive que les entreprises étudient également le sujet en interne. « Grosses PME, ETI, comme grandes entreprises peuvent se rapprocher des enseignants-chercheurs et des étudiants, qui les aident respectivement à décrypter les grandes transformations sur leur marché et à imaginer plus concrètement leur transformation », résume Estelle Assaf, Directrice adjointe de Institut Mines-Télécom Business School.

Et pour interfacer ces trois communautés – professeurs, étudiants, entreprises – tout en amenant l’entreprise au plus près des étudiants, Institut Mines-Telecom Business School a lancé plusieurs initiatives illustrant les divers types de coopérations possibles : l’innovation produit ou solution (court laps de temps), l’innovation plus structurelle (laps de temps plus long) et l’entreprenariat.

Ecoles et universités, des situations très différentes

Il faut bien distinguer universités et grandes écoles – singularité bien française - comme l’explique Estelle Assaf : « En France, les universités sont plus axées sur la recherche, tandis que les grandes écoles ont une dimension professionnalisante plus importante. À titre d’exemple, les écoles de commerce ont été créées par les CCI et une école comme Institut Mines-Telecom Business School est sous la tutelle du ministère de l’économie. La co-innovation, en étroit partenariat avec le monde de l’entreprise, est inscrite dans notre ADN ».

L’innovation court et long terme….

Institut Mines-Telecom Business School a ainsi créé les « défis entreprises », fortement orientés vers la co-innovation, concrète et rapide. « Une problématique de transformation d’une entreprise dans n’importe quelle discipline (SI, RH, vente, management, etc.) est soumise aux étudiants, qui vont apporter un angle de vue différent à l’entreprise », explique Estelle Assaf.

Une coopération aux bénéfices réciproques : les étudiants apprennent sur des cas concrets, en faisant des recommandations à l’entreprise et l’aident à faire évoluer ses métiers. « Orange Business Services peut d’ailleurs soumettre aux étudiants des défis issus de ses propres clients », souligne Estelle Assaf.

La co-innovation entre enseignants-chercheurs et entreprises prend, quant à elle, la forme de chaires de recherche : ces dernières aident les entreprises à anticiper les ruptures d’usage et à concevoir une innovation durable, socialement responsable et en conformité avec les lois et réglementations. Elles constituent une aide essentielle pour les entreprises, dans un monde qui évolue de plus en plus vite. « Cette innovation permet à l’entreprise d’innover sur le long terme, de s’atteler à une réflexion structurelle», explique Estelle Assaf.

…et jusqu’à la création d’entreprise

Enfin, si toutes les grandes écoles françaises ont créé des incubateurs pour constituer un écosystème favorisant l’entreprenariat, Institut Mines-Telecom Business School a été l’un des précurseurs, avec la création de « IMT Starter » dès 1999. Cet incubateur est conjointement porté avec l’école d’ingénieurs Telecom SudParis et l’ENSIIE. Bénéficiant de ce fait d’un cadre multidisciplinaire, il peut rassembler sur un même projet des élèves managers et business avec des élèves ingénieurs dans le numérique ou l’informatique.

Classiquement, l’incubateur associe l’entreprise et l’école pour identifier une start-up innovante et mettre en place une collaboration. « Mais IMT Starter a un atout supplémentaire : les jeunes pousses sont issues d’un projet étudiant, systématiquement intégré au cursus », détaille Estelle Assaf. L’incubateur permet dès lors de faire grandir le projet et de le structurer, tout en bénéficiant de l’expertise d’intervenants du monde de l’entreprise (en marketing, finance, IT, etc.). Résultat : le taux de survie des jeunes entreprises passées par l’incubateur atteint 80 % à 5 ans, une prouesse ! L’implication de l’entreprise peut aussi aboutir à un partenariat, avec l’intégration de la jeune pousse dans l’écosystème « open innovation » de l’entreprise ou la mise sur le marché de la solution développée.

« Les liens entre le monde de l’enseignement supérieur et de l’entreprise vont continuer à se renforcer. Nous verrons émerger de nouvelles formes de collaboration, qui restent encore à imaginer », conclut Estelle Assaf.