Télétravail, nomadisme, travail sur site : quel futur pour les locaux d’entreprise ?

Si le télétravail s’est largement imposé au cours des derniers mois, les salariés ont retrouvé progressivement le chemin du bureau, à temps plein ou en alternance. Ce retour du travail sur site s’accompagne de nouveaux défis en matière d’aménagement des locaux et de connectivité.

La fin du bureau ? Pas si sûr…

Un récent sondage Yougov (« Le télétravail a beaucoup reculé malgré la persistance du coronavirus », Les Echos, 26 août 2020) révèle que seulement 15 % des salariés sont encore en télétravail complet suite au déconfinement en France tandis que 50% ont un jour de télétravail ou plus. Derrière ces chiffres, une réalité contrastée pour les entreprises : certaines ont annoncé un retour complet des salariés sur site, tandis que d’autres privilégient le télétravail à plein temps ou bien alternent entre domicile, bureau et tiers lieux. Plus de 80 % des salariés interrogés par Malakoff Humanis souhaitent continuer le télétravail qu’ils considèrent comme une expérience positive, avec un impact indéniable sur leur efficacité (Étude « Télétravail », Malakoff Humanis, mai 2020). Mais cette appétence nouvelle pour le télétravail coexiste avec le souhait de retourner dans les locaux d’entreprise.

« Les raisons principales invoquées par les salariés sont l’interaction et la socialisation entre collègues, le travail en échange direct mais aussi le manque de confort en télétravail », souligne Gabriel Chegaray, Directeur Adjoint Smart Cities chez Orange Business Services. Un besoin de retrouver le bureau qui fait écho à la volonté des responsables d’entreprises d’équilibrer travail sur site et travail à distance.

La perception du bureau s’est transformée

Pour un tiers des personnes interrogées par Bureaux à partager la perception du bureau a évolué suite au confinement ; 76 % le considèrent aujourd’hui comme un lieu de rencontre, d’échange et de créativité (Etude – Les bureaux post-confinement : quel impact pour nos espaces de travail ?, Bureaux à partager, juin 2020). Sa fonction « traditionnelle » d’espace fixe alloué à chaque salarié passe au second plan.

Pour rester indispensable, le bureau devra donc se transformer et faciliter les différents modes de collaboration entre salariés, avec les clients et les partenaires, autour d’espaces dédiés au développement d’idées, au suivi de projets, etc.

« La tendance de ces dix dernières années était à la densification des espaces. Demain, l'objectif sera d'offrir une meilleure qualité de vie au travail et davantage de bien-être à chaque salarié mais aussi plus d'espace, en réponse au contexte sanitaire », observe Gabriel Chegaray.

Des mutations à mener alors même que le contexte économique incite à la prudence en matière d’investissements

Moins de mètres carrés, plus de possibilités

Certaines entreprises font le choix de réduire la superficie de leurs bureaux. Quelles sont alors les possibilités d’aménagement ? Le recours au « flex office » peut être une option s’il s’accompagne d’espaces isolés pour pouvoir travailler de façon ouverte ou confidentielle. Les équipes devenant plus mobiles, ces espaces devront être facilement disponibles via des outils de réservation de postes de travail ou de salles. Des solutions de gestion de flux utilisant l’intelligence artificielle peuvent aussi être implémentées pour fluidifier la circulation et éviter la saturation des espaces, en particulier dans un contexte de distanciation physique

Ces locaux intelligents faciliteront la collaboration à distance, notamment grâce aux connexions sans fil ou à la visioconférence haut de gamme. La crise sanitaire rappelle enfin le rôle à jouer par les entreprises dans la limitation des dépenses énergétiques et des rejets de CO2 : l’intégration de solutions de smart building facilitera la création d’espaces durables à l’efficacité énergétique renforcée.

« On peut maintenant utiliser les ressources du bâtiment pour en retirer des informations et les exploiter au sein d’applications »,conclut Gabriel Chegaray. « Ce désilotage des données de fonctionnement (ascenseur, chauffage, éclairage, sécurité, etc.) et leur mise à disposition des utilisateurs et des exploitants permettra plus de confort et davantage d’économies d’exploitation. »

Ces chantiers de réaménagement peuvent s’inscrire dans un plan de transformation digitale global, où des spécialistes dotés d’une expertise terrain et d’outils de data intelligence aideront les organisations à s’orienter dans ce large champ des possibles.