Performance opérationnelle, le maître-mot du smart building

Partager

De nombreux acteurs du bâtiment d'entreprise intègrent désormais à leurs projets de construction les enjeux du numérique, de l'environnement et du développement durable. Encouragés par les avancées de l’IoT et du Big Data, ils se tournent de plus en plus vers les smart buildings, qui allient performance et simplicité de gestion, bons rendements énergétiques et confort des usagers.

Un bâtiment intelligent 24h/24

La valeur ajoutée du bâtiment intelligent repose sur sa capacité à collecter et communiquer en temps réel des données sur son utilisation et son état, notamment grâce aux progrès de l'IoT. Ces données multiples, qui proviennent de l’environnement intérieur et extérieur du bâtiment, sont récoltées afin d'optimiser la consommation énergétique, mais aussi de contribuer à la sécurité et au confort des occupants. Il s’agit ni plus ni moins que d’intégrer la connectivité pour transformer le bâtiment intelligent en plateforme de services pour les collaborateurs et les visiteurs.

Grâce aux solutions de connectivité performantes dont sont dotés les smart buildings, il devient possible de rendre un bâtiment éco-efficace et communicant 24h/24 en le pilotant de manière centralisée, à distance, ou même en programmant des scénarios d’usage. Les solutions de Gestion Technique du Bâtiment (GTB) permettent ainsi de piloter l’ensemble des installations techniques telles que le chauffage, la ventilation ou l’électricité mais aussi tous les équipements de surveillance de type alarmes, sécurité incendie, vidéo surveillance, détecteur d’intrusion etc. Couplée à la télégestion, la GTB assure un contrôle continu, automatisé et à distance du fonctionnement d'une installation.

La mise en place de capteurs connectés permet de déployer une stratégie de maintenance prédictive, qui consiste à surveiller en continu les performances d’un système ou équipement, afin de détecter tout signe de défaillance éventuelle. Cette stratégie permet d’avoir une plus grande maîtrise du fonctionnement général et d’anticiper les pannes éventuelles.

Différents smart buildings peuvent même communiquer entre eux : les smart grids permettent en effet d'assurer l’équilibre et l’optimisation des consommations énergétiques de plusieurs bâtiments en simultané sur un même réseau. C'est par exemple le cas dans l'éco-quartier marseillais « Smartseille », qui mise sur l'analyse de data de ses habitants pour construire une offre à destination des commerces, des habitants et des entreprises.

Plus de services aux usagers...

Travailler au sein d’un smart building offre de nombreux avantages à ses occupants. Le premier d’entre eux : simplifier le parcours collaborateur dans le bâtiment. Il peut être guidé dans l’édifice grâce à des solutions de géolocalisation et de cartographie des espaces, connaître en temps réel l’occupation des salles – au moyen de détecteurs de présences ou d’un système d’agenda partagé – et les réserver en quelques clics. La couverture réseau optimisée, pilier du smart building, lui permet en outre de travailler partout dans le bâtiment, y compris dans des espaces qui ne sont pas initialement dédiés au travail (extérieurs, lieux de convivialité, atrium, etc.). La mise en place d’une infrastructure digitale cohérente et l’interconnexion des outils lui permet enfin d’accéder aux ressources informatiques de type copieurs ou interfaces de travail tout en continuant à utiliser ses terminaux personnels. Le développement de l’internet des objets est un autre aspect central : il rend possible la mise en place de systèmes de maintenance prédictive des équipements du smart building, évitant les pannes pour offrir aux occupants des services efficaces sans interruption. Des capteurs connectés aux équipements peuvent aussi alerter les équipes de maintenance en cas de dysfonctionnement, et leur permettre d’intervenir rapidement.

Toutes ces améliorations, qui contribuent à un parcours fluide et donc au mieux vivre au sein des locaux, bénéficient aussi aux visiteurs : salariés non-résidents, fournisseurs, partenaires… Les technologies du smart building assurent leur autonomie dès leur arrivée sur site (géolocalisation des places de parking, dématérialisation des badges d’accès, accès wifi) et offrent au bon niveau de service dans les différents lieux de collaboration. Les salles de réunion connectées permettent par exemple une grande variété d’échanges grâce à l’utilisation de surface hubs ou de systèmes de visioconférence. Cette offre digitale constitue bien sûr une vitrine valorisante pour l’entreprise, mais surtout un atout capital pour sa performance à l’heure des nouveaux modes de travail et de l’ouverture de ses espaces à de multiples acteurs externes.

 

...et plus d’efficacité énergétique !

Les enjeux de gestion énergétiques et d’impact environnemental sont prégnants pour l’immobilier professionnel. Selon l'ADEME, le bâtiment est le secteur le plus énergivore dans l’hexagone puisqu’il y produit près de 23 % des émissions de CO2. Les smart buildings ont vocation à rationnaliser ces dépenses énergétiques. Avec les progrès de l'IoT, des centaines de capteurs connectés communiquent, en temps réel, des informations concernant la consommation d'énergie du bâtiment. Un logiciel de suivi permet ensuite d’observer de manière précise la performance d'un bâtiment en termes de chauffage ou de refroidissement, d'éclairage ou encore de ventilation. Un gestionnaire de bâtiment pourra ainsi cartographier les ressources énergétiques et cibler les opportunités d’optimisation. Les bâtiments connectés de nouvelle génération seront même capables d'adresser des ordres de service à partir de l’analyse des données en temps réel, par exemple réduire la température d'une pièce inoccupée.

Des quartiers et des constructions pilotes s'essayent aujourd'hui à ces nouveautés : les bureaux Green Office de Bouygues, construits au Sud de Paris, comptent plus de 20 000 capteurs pour connaître la consommation de chacun des 1 250 postes de dépense. Ils sont en outre dotés de plusieurs systèmes automatiques, comme l’actionnement nocturne des ouvrants pour remplacer la climatisation. Orange a de son côté choisi de consolider les données de consommation de ses bâtiments afin d'améliorer leurs performances énergétiques. Les outils utilisés, reposant sur des indicateurs de performance, permettent d’orienter la meilleure stratégie applicable au site : réglage, usage des locaux, optimisation, renouvellement d’équipements… L’intensité énergétique moyenne par bureau du parc Orange s’élève aujourd’hui à 190 kWh/m²/an ; le watt par usage client a été réduit de 36 % entre 2006 et 2017.

Dernier atout du partage des données énergétiques : les usagers du smart building peuvent suivre les dépenses énergétiques des bâtiments en temps réel, un premier pas vers l’adoption de nouvelles pratiques responsables visant à agir au quotidien pour la réduction des dépenses de leurs locaux.

 

Pour aller plus loin :

  • Environnement de travail : quand modularité rime avec compétitivité
  • Smart building : des immeubles intelligents et hyper connectés