Le digital, levier de transformation stratégique pour l’université

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Dans un contexte de compétition internationale accrue, de mutations technologiques majeures et d’ouverture vers le monde de l’entreprise, les universités et l’enseignement supérieur français s’appuient sur le digital pour repenser leur modèle économique. De nouvelles façons d’apprendre, de collaborer et d’innover sont au cœur de leur transformation. Patrice Abolin, Business Developer Services Numériques Éducation-Formation chez Orange Business Services, partage son expertise sur la question.

Cap sur l’international grâce au digital

Les universités françaises ont un réel besoin d’augmenter leur attractivité et leur visibilité à l’international. L’objectif ? Faire face à une concurrence internationale toujours plus grande. Pour recruter des étudiants, des enseignants et des chercheurs étrangers, beaucoup d’entre-elles s’associent à des établissements d’autres continents. Certaines conçoivent des programmes partagés entre plusieurs universités, bâtissant ainsi un réseau de campus international et différenciant. C’est par exemple le cas d’HEC Paris qui a noué un partenariat avec l’Université Yale aux Etats-Unis, avec à la clé pour les étudiants des deux établissements, une possibilité de mobilité inter-campus et de double diplôme.

Ces dernières années, les réseaux sociaux se sont aussi imposés pour mieux toucher les futurs étudiants situés aux quatre coins du monde et animer des communautés d’étudiants, de chercheurs et d’alumni. La prochaine étape ? La création de chatbots - outils de communication reposant sur l’Intelligence Artificielle et capables d’échanger avec un individu - dédiés à ces communautés.

Le digital constitue ainsi un véritable levier pour optimiser l’attractivité des universités françaises, en leur permettant de former des universités à l’échelle internationale, capables de se positionner face aux grands acteurs américains, chinois et indiens.

Les MOOC, enseignements digitaux sans frontières

France Université Numérique (FUN) accompagne les universités dans leur transformation digitale et plus particulièrement dans leur politique de MOOC. FUN héberge ses cours en ligne dans le cloud Orange, qui lui assure la flexibilité nécessaire à son développement. Aujourd’hui FUN étend ses services d’accompagnement MOOC à l’Afrique, notamment avec les universités du Sénégal, de Côte d’Ivoire et du Maroc.

De nouveaux modes d’apprentissage par et pour le numérique

Le constat est clair : les technologies numériques bouleversent la manière d’enseigner - à des degrés différents - dans tous les domaines, tandis que le digital devient lui-même l’objet de formations dédiées. Pour les universités, intégrer les nouveaux modes d’apprentissage est essentiel : réalité virtuelle, réalité augmentée et classe virtuelle feront bientôt partie de tous les cursus, à l’instar de ceux portant sur les compétences du numérique.

Ainsi, les formateurs ont besoin de renouveler leurs ressources et contenus pédagogiques afin de donner des cours autrement et d’enseigner sur des sujets nouveaux tels que l’IoT. Pour répondre à ce besoin, des écoles comme l’ESADD et Kedge Business School ont d’ailleurs fait appel à Orange et son offre Cloud Starter qui va être déployée au sein de ces établissements.

Réalités virtuelle et augmentée permettent également l’apprentissage de « hard skills » difficilement apprenables via une pédagogie classique, comme les comportements ou gestes critiques à avoir dans des situations à risque. Laval University, en Bretagne, est une référence en la matière : en partenariat avec Orange, elle a mis en place une formation pilote sur la Fibre et l’ADSL au sein de l’école des métiers techniques du Groupe.

Se former par l’immersion

Co-fondé par Orange, l’Immersive Learning Lab est le premier lieu dédié à l’orientation, la formation et la collaboration par les technologies immersives. Il explore entre autres la réalité virtuelle, augmentée et mixte, mais aussi la vidéo 360 degrés.

Explorer de nouvelles techniques d’apprentissage

Les universités ont à cœur de s’appuyer sur la R&D pour faire évoluer et améliorer l’apprentissage. Certaines d’entre elles étudient ainsi des questions telles que l’impact du e-learning sur les méthodes cognitives avec les apprentissages immersifs. La rigueur méthodologique propre aux universités en R&D est particulièrement recherchée par les entreprises.

Cette dernière permet précisément la validation scientifique des résultats d’une démarche d’innovation ou de co-innovation. L’enjeu ? Prouver que l’on apprend mieux avec le numérique dans certains contextes. Enfin, d’autres domaines de recherche sont explorés par les unités de recherche universitaires, comme la certification des diplômes par la technologie de la blockchain.

Data + université du futur = personnalisation et inclusion

Les services digitaux permettent d’innover en matière de Learning Management System (LMS). Ils favorisent des méthodes et des parcours de formation personnalisés tout en facilitant l’inclusion universitaire, grâce à l’enseignement à distance mis au profit des étudiants résidant loin du campus ou dans l’incapacité de se déplacer.

Vers le campus 4.0

Enfin, l‘université a besoin de services numériques en son sein - non seulement pour les aspects purement liés à l’apprentissage - mais aussi parce qu’elle est un véritable lieu de vie : la startup HUDI, issue de l’intrapreneuriat Orange, optimise les m² des restaurants des campus universitaires pour en améliorer l’accessibilité et en faire des lieux de partage et d’échange.

Développer des services numériques à la pointe des usages d’aujourd’hui répond également à des enjeux de marque et d‘attractivité pour les universités. C’est pourquoi plusieurs d’entre elles, à l’image de l’Université de Normandie, ont adopté l’application Mon Campus. Développée par Orange, elle offre la possibilité d’accéder en un seul lieu à tous les services du campus (transports et mobilité douce, planning et supports numériques des cours, annuaire de l’école, etc).

Petit à petit, le campus se fait agile et s’ouvre aux écosystèmes externes. Ce dernier rassemble à la fois un pôle de formation (en partenariat éventuel avec d’autres établissement d’enseignement), des lieux d’innovation en collaboration avec des start-up et des entreprises innovantes, ainsi que des pôles connectés aux acteurs et filières des bassins d’emploi régionaux. En Rhône-Alpes, première région industrielle française, Orange travaille particulièrement avec l’université pour mettre la cybersécurité et la 5G au service de l’industrie 4.0.

Accompagner les formateurs tout au long du changement

Les enseignants et chercheurs, au-delà de leurs compétences techniques, sont challengés dans leurs techniques pédagogiques. Ils voient leur métier évoluer et deviennent désormais des animateurs de communautés étudiantes. Il est donc indispensable pour les universités de leur offrir l’accompagnement adéquat. Orange consulting épaule des établissements comme l'ESTACA (l’École Supérieure des Techniques Aéronautiques et de Construction Automobile) et l’UPEC (l’Université Paris-Est Créteil) dans cet accompagnement des équipes pédagogiques.