Éducation, enseignement supérieur, formation professionnelle : comment se préparer à la 5G ?

Formation à distance, campus numérique, contenus immersifs… la 5G offre de nouvelles possibilités en matière d’éducation et de formation. Pour tirer pleinement parti de ces évolutions, les acteurs du monde académique doivent l’intégrer dans leur stratégie numérique et identifier leurs besoins en connectivité.

Intégrer le potentiel de la 5G dans sa stratégie numérique

L’arrivée de la 5G présente une alternative possible au VPN et à la fibre pour les établissements de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ainsi que pour les organismes de formation professionnelle. En cela, elle amène les différents acteurs académiques à entamer une réflexion sur leur stratégie numérique. Parmi les interrogations essentielles figurent les nouveaux usages permis par la 5G, leur place dans les parcours pédagogiques, le coût des transformations à mener sur les infrastructures réseaux et le stockage sécurisé et souverain de la data par les établissements.

À ces problématiques s’ajoute un enjeu lié au contexte sanitaire du début de l’année 2020 et aux leçons à tirer de l’enseignement à distance.

« Après la période de confinement, l’Éducation nationale comme l’Enseignement supérieur travaillent à identifier l’importance de l’accès aux réseaux, des débits mais aussi des terminaux et des outils applicatifs pour assurer la continuité pédagogique et garantir l’inclusion numérique », précise Patrice Abolin, Business Developer Services Numériques Éducation-Formation chez Orange Business Services.

Dans un premier temps, l’étude des usages et des démonstrations de faisabilité ainsi qu’une mesure des impacts utilisateurs permettront aux acteurs académiques de bénéficier des premières versions de la 5G, dans une configuration adaptée à leurs besoins. Pour les établissements d’enseignement supérieur, les réflexions autour du nouveau réseau pourront être intégrées dans le schéma directeur numérique (SDN), un outil de gestion de projet qui permet de planifier les aménagements à venir dans le cadre de la transformation digitale d’un campus.

Ce plan d’action établi sur plusieurs années intègre aussi bien les promoteurs immobiliers que la direction générale, les services généraux et la direction des systèmes d’information.

Anticiper les besoins en connectivité

Une fois les usages identifiés, il s’agira pour les établissements de considérer les infrastructures à déployer.

« L’usage du numérique dans l’Éducation nationale va s’accroître, notamment via le recours aux usages vidéo ou la recherche de contenus sur des plateformes, en présentiel ou à distance. Des évolutions qui nécessiteront du débit, donc un socle de raccordement de base », constate Patrice Abolin

Si certains lycées raccordés à la fibre disposent d’une connectivité à même de supporter les usages digitaux, cela est moins fréquent dans les collèges et les écoles élémentaires, particulièrement celles des petites communes.

Les acteurs de la recherche et de l’enseignement supérieur ont tout intérêt à s’équiper de haut débit pour accélérer leur processus d’innovation et créer des synergies avec leurs partenaires du monde académique et économique. La 5G offrira par exemple la possibilité de raccorder de nombreux sites de recherche entre eux, comme les laboratoires du CNRS ou de l’Inserm.

De nombreux organismes de recherche et d’enseignement supérieur utilisent déjà le réseau de débit privé Renater, à l’image de l’Université Européenne de Bretagne qui travaille sur les usages numériques pour l’apprentissage mais réfléchit aussi à la virtualisation de son campus pour élargir l’accès à ses formations au niveau régional et international.

Les organismes de formation professionnelle ressentent de leur côté un besoin prégnant d’exercer leur activité à distance pour répondre au besoin de flexibilité de leurs publics mais aussi aux conséquences de la crise de la Covid.

« Le raccordement du haut débit au domicile des formateurs, des apprenants, des tiers-lieux ou des entreprises est nécessaire, mais on ne peut pas mettre du haut débit partout », ajoute Patrice Abolin. « Les tiers-lieux de type campus métiers pourraient être connectés en 5G et ainsi mutualiser ces ressources réseau. »

Le projet de campus numérique de Charbonnière-les-Bains centré sur l’industrie 4.0 s’inscrit dans cette optique : il vise à rassembler un écosystème régional d’acteurs autour du numérique pour partager, faciliter les projets et les synergies.

Considérer la 5G comme un support d’apprentissage et un objet d’étude

Pour les établissements de l’Enseignement supérieur, penser l’arrivée de la 5G signifie à la fois l’intégrer comme support technologique aux méthodes d’apprentissage, avec le développement des usages immersifs notamment, mais aussi comme objet d’étude, puisqu’elle devrait transformer l’activité de nombreux professionnels.

À titre d’exemple, l’École supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile (ESTACA) propose un cursus en formation continue d’ingénieur spécialisé dans les véhicules autonomes et connectés, dont les performances dépendront en partie des performances de la 5G.

D’une manière plus globale, la 5G et les technologies associées comme l’intelligence artificielle (IA) et la data intelligence vont avoir un impact sur de nombreux secteurs : industriel, maritime (civil et militaire), agriculture, santé, etc. Une réalité à laquelle devront s’adapter la formation professionnelle et l’enseignement supérieur pour être en phase avec l’évolution des compétences métiers et les attentes des entreprises.

Par ailleurs, le rapprochement de la recherche universitaire, de la R&D des entreprises et/ou des écosystèmes de co-innovation favorise aujourd’hui une réflexion et des expérimentations communes sur les nouveaux usages. Un exemple de synergie à encourager pour se préparer dès maintenant à l’arrivée de la 5G !