Le développement durable : un enjeu business pour les entreprises

Les consommateurs sont de plus en plus susceptibles d’abandonner les marques qui ne répondent pas à leurs normes éthiques et écologiques. Pour rester compétitives, les entreprises placent les personnes, la planète et les profits au cœur de leurs stratégies post-pandémie. Dans tous les cas, les données jouent un rôle clé dans l’amélioration des résultats commerciaux, environnementaux et sociaux.

Selon le magazine Fortune, seuls 7 % des PDG des entreprises du Fortune 500 estiment que leurs entreprises doivent « se concentrer principalement sur la génération de profits, sans se laisser distraire par des objectifs sociaux ». Il y a peu de temps encore, ce genre de discours était inimaginable.

Voilà de cela cinquante ans, l’économiste Milton Friedman soutenait que le seul but d’une entreprise devrait être de maximiser la valeur perçue par les actionnaires. En se concentrant sur la création de richesses et en récompensant les investisseurs, les chefs d’entreprise pensaient que les bénéfices ruisselleraient pour apporter prospérité à tout un chacun.

Mais les temps ont changé. Aujourd’hui, la plupart des entreprises considèrent la création de « valeur au profit des parties prenantes » comme la clé du succès et adoptent des objectifs environnementaux et sociaux en sus de leurs objectifs financiers. Les marques se sont rendu compte qu’elles sont mieux à même de générer une croissance positive en se concentrant sur les nombreux avantages qu’elles peuvent apporter à leurs clients, employés et fournisseurs, ainsi qu’aux communautés, à l’environnement et aux actionnaires.

Quelle influence la pandémie de COVID-19 a-t-elle eue sur cette tendance ?

Cette tendance s’est accélérée avec la pandémie de COVID-19. La crise sanitaire a permis de mieux faire connaître la manière dont les données peuvent être utilisées pour suivre un large éventail de problématiques relatives à l’environnement, à la santé et au bien-être. Ces problématiques sont abordées dans le webinaire à la demande intitulé Next Normal : Sustainability (La prochaine normalité : le développement durable) réalisé en partenariat avec Microsoft, Pachama (une start-up qui utilise l’IA pour favoriser le piégeage du carbone et protéger les forêts du monde entier) et Orange Silicon Valley.

Selon George Livingston, Principal pour Orange Silicon Valley et président du Sustainable Supply Chains Council (Conseil des chaînes d’approvisionnement durables), l’épidémie de COVID-19 a eu un impact significatif sur la réduction des émissions de carbone : « Nous avons constaté une baisse importante des voyages d’affaires en avion pendant la pandémie. Ces voyages représentaient 60 à 70 % du chiffre d’affaires des compagnies aériennes avant l’apparition du COVID-19. La moitié des PDG des entreprises du Fortune 500 affirment désormais que les voyages d’affaires ne connaîtront plus jamais l’ampleur qu’ils avaient auparavant. Cela pourrait aider les entreprises à atteindre des objectifs beaucoup plus drastiques de réduction des émissions de CO2 pour faire face à la crise du changement climatique », avance G. Livingston.

Les chefs d’entreprise ont en effet constaté que de nombreuses réunions pouvaient se tenir tout aussi efficacement en utilisant la vidéoconférence. Cela a permis de réduire les budgets voyages et dépenses des entreprises tout en donnant aux salariés la possibilité de trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Le travail à distance a également apporté des avantages écologiques et économiques qui devraient perdurer au-delà de la crise actuelle.

« Selon S&P, 47 % des entreprises prévoient de réduire l’empreinte physique de leurs bureaux à l’avenir », commente G. Livingston. « Travailler depuis son domicile est plus économe en énergie que se rendre au bureau en voiture, ce qui aura des effets positifs en termes de développement durable ». Le télétravail peut en effet aider les entreprises à réduire leurs émissions de carbone, ainsi que les coûts de location de biens immobiliers et les frais généraux.

Les scientifiques regroupent les émissions de CO2 dans trois catégories ou « périmètres ».

  • Les émissions du périmètre 1 proviennent de sources appartenant à l’entreprise ou contrôlées par elle, telles que les bureaux, les usines et les flottes de véhicules.
  • Les émissions du périmètre 2 découlent de la production de l’électricité achetée, ainsi que de l’énergie de chauffage et de refroidissement consommée par l’entreprise.
  • Les émissions du périmètre 3 proviennent de l’amont et de l’aval de la chaîne de valeur, fournisseurs et clients compris.

Selon Microsoft, dans les entreprises, les émissions du périmètre 3 sont souvent bien plus significatives que les émissions des périmètres 1 et 2 réunis. Le périmètre 3 comprend en effet des activités telles que les voyages d’affaires, la distribution et l’utilisation de produits par les consommateurs, ainsi que le traitement des produits en fin de vie. Le programme ambitieux de Microsoft pour avoir un bilan carbone négatif d’ici 2030 s’étend également à ses fournisseurs tiers.

Voici ce qu’Elizabeth Willmott, responsable du programme carbone de Microsoft, déclare à ce sujet : « Nous avons mis en place un code de conduite qui oblige nos fournisseurs non seulement à déclarer leurs émissions de gaz à effet de serre, mais aussi à les réduire. Nous avons profité de la crise sanitaire pour doubler la portée de notre programme sur le plan du développement durable ».

Microsoft a créé une coalition « Transform to Net Zero » qui développe et fournit des études, des conseils et des feuilles de route à suivre pour permettre à toutes les entreprises d’atteindre un niveau net d’émissions nul.

« C’est dans l’ADN de Microsoft d’être guidé par la science et par les données relatives à ce qui se passe dans le monde », note E. Willmott. « Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), nous verrons probablement une baisse des émissions de gaz à effet de serre cette année, mais cela est à mettre en face de la très forte augmentation des émissions de gaz à effet de serre au cours des 50 dernières années ».

La lutte contre le réchauffement climatique nécessitera une approche sur plusieurs fronts, avec des efforts pour éviter, réduire, réutiliser et compenser les émissions de carbone.

Du risque à la résilience

Selon D. Saez Gil, « une fois la crise sanitaire du COVID-19 passée, le changement climatique va être la question sur laquelle toutes les entreprises vont se concentrer... parce que tout est lié. Si l’épidémie a rendu quelque chose de très clair, c’est bien l’importance de la résilience, de l’interconnexion des systèmes mondiaux et de l’action des entreprises face à cette crise ».

Les entreprises ont désormais une opportunité sans précédent d’atténuer les risques, tout en s’attaquant aux problèmes climatiques. « Le risque et la résilience sont les deux faces d’une même pièce », poursuit D. Saez Gil. « Les entreprises durables vont être les plus résistantes à tous les types de chocs mondiaux. Et les chocs à venir après cette pandémie découleront des effets du changement climatique. »

Éviter et réduire les émissions de CO2

Pour éviter d’émettre du carbone, les entreprises peuvent trouver des moyens d’accroître l’efficacité de leurs opérations et de leurs processus, de changer de combustible ou de source d’énergie et de mettre en œuvre des changements technologiques. Elles peuvent par exemple optimiser leurs réseaux logistiques afin de minimiser les distances parcourues. Avec la start-up Foxtrot et une grande brasserie du Mexique, Orange a mené à bien un projet pilote impliquant des itinéraires calculés par une IA afin de réduire le nombre de kilomètres parcourus par les chauffeurs pour effectuer des livraisons dans les bars, les restaurants et les points de vente au détail.

Cette technologie permet aux entreprises de programmer de manière dynamique l’itinéraire que les chauffeurs empruntent pour atteindre une multitude de points de livraison, en fonction du niveau d’encombrement en temps réel et de l’heure de livraison convenue. Les chauffeurs-livreurs passent ainsi moins de temps dans la circulation et effectuent leur tournée plus rapidement. Les études de Foxtrot montrent que la technologie a ainsi été capable de réduire la distance parcourue de 16 % et d’augmenter la ponctualité des livraisons à une moyenne de 98 %.

De nombreuses entreprises de logistique commencent aussi à s’équiper de véhicules électriques. Les véhicules électriques ne produisent pas d’émissions à l’échappement - ce qui est important pour une meilleure qualité de l’air urbain - mais ils sont toujours alimentés par une électricité qui provient principalement, du moins pour l’instant et dans la plupart des pays du monde, de la combustion de combustibles fossiles. Selon le C2ES (Centre pour les solutions climatiques et énergétiques), 30 % à peine de l’approvisionnement mondial en électricité proviendra de sources renouvelables d’ici 2022. Il faudra donc du temps pour atteindre l’objectif visant à avoir des flottes logistiques entières de camions alimentés uniquement par des énergies renouvelables, de manière à rendre chaque kilomètre parcouru complètement exempt d’émissions. Par conséquent, le calcul des itinéraires par les IA permettra d’ici là aux entreprises de continuer à réaliser des économies d’émissions de périmètre 2.

À mesure que la transition énergétique s’accélérera, les entreprises auront de plus en plus la possibilité d’être autosuffisantes en énergie renouvelable, notamment en installant des panneaux solaires, des éoliennes et des systèmes de stockage d’énergie dans leurs installations. Si elles parvenaient du même coup à minimiser leurs propres besoins, elles pourraient éventuellement revendre une partie de leur capacité excédentaire au réseau.

Les bâtiments intelligents constituent un autre grand domaine d’opportunités. Les réseaux de capteurs IdO peuvent être utilisés pour fournir des données en temps réel sur la température des différentes pièces d’un bâtiment, afin de permettre la surveillance et le contrôle des systèmes de chauffage et de climatisation via un smartphone. L’IA pourrait même être utilisée pour prendre en compte les fluctuations météorologiques prévues de manière à procéder à des ajustements plus précis en temps opportun.

Pour aider les entreprises à réduire leur consommation d’électricité, Orange s’est associé à ABB France, un leader mondial des solutions énergétiques et automatisées. Parallèlement, toujours en ce qui concerne les évolutions technologiques, de nombreuses entreprises envisagent d’utiliser l’impression 3D pour réduire la quantité de déchets issus des matériaux et des emballages, ainsi que les émissions dues au transport. Ces changements exigent une gestion efficace des données et une cybersécurité accrue pour construire, modéliser et optimiser des jumeaux numériques avant que les produits ne soient fabriqués.

Réutilisation des émissions de CO2

Le recyclage et le reconditionnement constituent le deuxième grand domaine d’économie en termes d’émissions. Une entreprise peut convertir ses déchets en matériaux réutilisables (recyclage), elle peut aussi réutiliser des pièces existantes pour fabriquer de nouveaux produits équivalents (reconditionnement). L’utilisation de matériaux recyclés nécessite beaucoup moins d’énergie que l’utilisation de matériaux vierges. Par exemple, le recyclage de l’aluminium nécessite jusqu’à 95 % d’énergie en moins que la production du métal primaire à partir de la bauxite, évitant ainsi les émissions correspondantes.

Contrairement au modèle économique linéaire traditionnel basé sur le schéma « prendre-fabriquer-consommer-jeter », les modèles fondés sur l’économie circulaire préconisent une utilisation plus prudente de l’énergie. Ces modèles reposent en effet sur les principes de partage, de location, de réutilisation, de réparation, de remise à neuf et de recyclage, dans un circuit (presque) fermé, qui valorisent au maximum les produits et les matériaux.

Par exemple, Orange facilite la réparation et le recyclage des téléphones portables et encourage les consommateurs à attendre plus longtemps avant de passer à un nouvel appareil en promouvant l’adoption de téléphones reconditionnés. De son côté, Orange utilise des équipements reconditionnés au sein de ses réseaux centraux.

Compensation des émissions de CO2

Au-delà de ces stratégies, les entreprises peuvent compenser leurs émissions de carbone avec des mesures de compensation, notamment le reboisement. Au cours du webinaire évoqué plus haut (Next Normal: Sustainability), Diego Saez Gil, co-fondateur et PDG de Pachama, a donné un aperçu du marché que son entreprise a créé en rendant la compensation carbone plus transparente, plus scientifique et plus traçable au travers de la technologie. Le logiciel de Pachama utilise l’imagerie LiDAR, une technologie basée sur des mesures laser, pour créer des représentations 3D des forêts. Ces données sont complétées par une série d’autres données d’imagerie à haute résolution transmises par satellite. L’intelligence artificielle et les algorithmes d’apprentissage automatique sont alors utilisés pour faire des calculs de réduction de la biomasse et du carbone.

Redéfinir les objectifs

Dans cette optique, les entreprises redéfinissent leurs objectifs en accordant une attention égale aux personnes, à la planète et aux profits. Le triple résultat est en train de devenir la norme avec la publication de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) plus transparents et comparables.

« Les investisseurs récompensent les entreprises dont le profil en matière de développement durable et de lutte contre le changement climatique est solide - et ce même sur un marché baissier », note G. Livingston. « Pendant la crise, les investisseurs ont doublé leurs efforts en matière de développement durable.»

L’investissement dans le développement durable au niveau mondial dépasse aujourd’hui les 30 000 Md$, soit une hausse de 68 % depuis 2014 et une multiplication par 10 depuis 2004. Selon Morgan Stanley, 85 % des investisseurs se disent intéressés par les stratégies d’investissement durable et 84 % des milléniaux citent l’investissement axé sur l’impact ESG comme objectif central.

À quel point le développement durable est-il important pour Orange ?

Dans le monde entier, environ 330 entreprises, dont Orange, se sont fixé des objectifs de décarbonisation scientifiquement établis. Les objectifs adoptés par les entreprises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont considérés comme « scientifiquement établis » s’ils sont conformes à ce que les expertises climatiques les plus récentes jugent nécessaire pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris - limiter le réchauffement climatique à un niveau bien inférieur à 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et poursuivre les efforts pour limiter le réchauffement à 1,5 °C.

Le programme Orange « Engage 2025 » est en bonne voie pour permettre à Orange d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2040. L’entreprise entend également réduire ses émissions de CO2 de 30 % entre 2015 et 2025, en veillant à ce que plus de 50 % de l’énergie consommée par le Groupe provienne de sources d’énergies renouvelables contre 18 % aujourd’hui, et en s’assurant que tous les produits de la marque Orange soient élaborés dans une démarche d’éco-conception.

Orange Business Services célébrera la Semaine européenne du développement durable du 18 septembre au 8 octobre prochain, tant en interne qu’en externe. L’objectif est de faire connaître les mesures pratiques que chacun d’entre nous peut mettre en application pour réduire son empreinte carbone - l’une des problématiques sociales les plus urgentes de notre époque.

Pour aller plus loin

  • Regardez notre webinaire Next Normal : Sustainability pour tout savoir sur le développement durable dans le monde de l’après COVID-19.