L'homme au cœur de la transformation digitale

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Huit gourous du digital, dont Michel Serres, ont été conviés au « Hello! Business Talks » d’Orange Business Services pour partager leur vision de la révolution digitale. De projections futuristes aux réalités actuelles économiques, sociétales de la digitalisation, tous les intervenants ont apporté leur éclairage sur cette évolution. Tous partagent la même conviction : la transformation digitale est avant tout une histoire d’hommes.

Une première édition réussie

Le 9 mars, Orange Business Services, organisait en partenariat avec Bain&Company et HEC, la première édition de « Hello ! Business Talks » une conférence sur les Humanités Digitales. « La révolution digitale que nous voyons s’accélérer présente un défi essentiel pour l’humanité. Cette révolution digitale n’a de sens que si elle est mise au service de l’humain. C’est ce que nous avons essayé de résumer dans une philosophie que nous avons baptisée Human Inside, et qui rassemble tout ce que nous faisons au sein de l’entreprise » déclare Stéphane Richard, directeur général du groupe Orange, dans son discours d’introduction de cette soirée organisée au Musée de l’Homme à Paris.

C’est en effet dans ce lieu dédié à la compréhension de l’évolution de l’Homme et des sociétés, que huit « digital gurus » ont présenté leur vision de la société et de l’humanité digitale d’aujourd’hui et de demain. Et si certains orateurs ont projeté l’auditoire dans un film digne de science fiction, d’autres ont évoqué les difficultés pour les hommes d’aujourd’hui de comprendre, de s’approprier ces nouvelles technologies, et de trouver leur place dans une société où tout s’accélère. Car au-delà d’une révolution technologique, industrielle, environnementale, sociétale, économique et politique, la révolution digitale passe avant tout par l’humain.

 

Constat : la société d’aujourd’hui est digitale

« Nous sommes près de 8 milliards sur la terre -nous étions 2 milliards lorsque je suis né-, rappelle Michel Serres, et il y a près de 8 milliards de Smartphones. L’homme est connecté et cette connexion fait de l’homo numericus un homme différent de l‘homo sapiens ». Mais pour Michel Serres, cette révolution numérique intervient à un moment où d’autres transformations fondamentales se sont déjà produites comme l’augmentation de l’espérance de vie, la maladie, la naissance, l’agriculture. Pour cet historien des sciences, ce n’est donc pas un Big Bang.

Emmanuelle Duez, fondatrice de The Boson voit, quant à elle, cette révolution comme une page de l’humanité en train de tourner, avec tous ses modèles économiques, politiques, sociétaux, idéologiques et environnementaux qui ont structuré nos sociétés modernes...  « Nous allons devoir réinventer ce nouveau monde et ne pas le laisser aux mains des GAFA, qui donnent une certaine vision de la société, prennent des positions politiques et prônent des rêves « libertariens ». »

Outre-Atlantique, la vague transhumaniste se développe

Mark Zuckerberg a expliqué que dans le futur, les utilisateurs de Facebook pourraient communiquer directement de cerveau à cerveau par des neuro technologies. Il a aussi annoncé qu’il comptait consacrer sa fortune à éradiquer la totalité des maladies humaines d’ici 2099. De son côté, Google a développé une société « Calico » pour euthanasier la mort.  Aujourd’hui les GAFA et les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) sont mus par l’idéologie transhumaniste, et associent pour cela toutes les nouvelles technologies : Nanotechnologies, Biotechnologies Informatique et Cognitique (NBIC).  Pour Laurent Alexandre, chirurgien-urologue, neurobiologiste et fondateur de doctissimo.fr, il est urgent d’encadrer l’utilisation de ces NBIC et de l’IA via une institution internationale chargée d’organiser la gouvernance et de réguler l’utilisation de l’IA, pour développer un transhumanisme choisi et maîtrisé.  

Démocratiser l’usage de l’IA

Pour Clodéric Mars, cofondateur de craft.ia, le contrôle de l’IA sera un défi majeur des années à venir.  Or aujourd’hui, construire un assistant virtuel doté d’IA coûte de l’argent. Soucieux de sortir l’IA des mains des géants du web, il a donc développé une technologie basée sur le machine learning et sur des méthodes de classification et de régression via des arbres de décision. Cette technique, basée sur un véritable échange entre l’utilisateur et l’assistant, nécessite des moyens financiers bien moindres que les technologies traditionnelles.

Et si la révolution venait de la blockchain ?

Cette question a été soulevée par Primavera de Filippi, chercheuse au CERSA/CNRS. Elle cite en exemple La’zooz, un réseau de covoiturage entre pairs qui fonctionne sans aucun opérateur intermédiaire. « C’est une organisation totalement décentralisée, du Crowd sourcing sans intermédiaire, et c’est sur ce principe que fonctionne la blockchain ». Née du bitcoin, monnaie virtuelle fonctionnant sans opérateur, la blockchain est une technologie qui peut être assimilée à un cadastre décentralisé, certifié et incorruptible. Primavera de Filippi imagine des entreprises futures qui, administrées par la blockchain, n’auront plus de PDG, de DG, de structure hiérarchique. Pour elle, la blockchain permet aux individus de se coordonner, d’interagir directement les uns avec les autres, de s’autogouverner et de reprendre le contrôle sur leurs propres activités. L’internet des humains, en somme.

L’humain au centre de la révolution digitale

Toutes les générations sont impactées, que ce soit les digital natives ou les séniors. Mais il faut d’abord réduire la fracture numérique générationnelle, comme le souligne Jean Charles Varlet. C’est dans cette optique que cet entrepreneur créatif a lancé « Crème de la crème », une plateforme où les étudiants du supérieur proposent leurs compétences et services aux entreprises de manière simple, flexible et dématérialisée. « Les décennies d’organisation du travail sont en train d’être balayées par l’émergence des technologies, du freelancing, des nouveaux modes de consommations, de nouvelles façons d’apprendre et de réinvestir ses compétences. » Un constat partagé par Bertrand Duperrin, responsable commercial du pôle conseil chez Emakina, pour qui les entreprises sont aujourd’hui contraintes de revoir leur façon de travailler. L’humain est le facteur lent dans un monde digital qui va toujours plus vite, et une entreprise ne réussira sa transformation digitale que si l’expérience collaborateur est un succès.

Juliette

Pour aller plus loin :

Regardez le Replay de la soirée

Téléchargez le livre blanc : Humanité(s) Digitale(s). Robots, intelligence artificielle, blockchain... la technologie est devenue partie intégrante de nos vies

Juliette Fauchet

Journaliste depuis vingt ans, spécialisée high tech BtoB j’ai exercé dans des magazines de référence comme 01 Informatique. Je m’intéresse notamment à la gestion des RH (SIRH, GPEC, outils collaboratifs, MOOC, IoT, gestion des données, management…), à l’innovation (propriété industrielle, open innovation, co innovation, relations startups-entreprises,..) aux startups (capital-risque, incubateurs....), aux dispositifs publics de financement (CIR, CICE, BPI…) aux nouvelles économies  (économie collaborative, netéconomie silver économie, économie collaborative, Fintech ..)   

Je m’intéresse aussi aux nouvelles formes d’urbanisation (smart cities, smart inclusive, smart grid..) au big data, Cloud et IoT. 

Le digital est une véritable source de dynamise, d’innovation et de transformation des entreprises.