La durabilité, un atout business

Laurence Fink a annoncé que son entreprise chercherait à investir dans des entreprises capables de démontrer leur engagement citoyen, notamment en faisant preuve de transparence sur la façon dont elles gèrent les questions liées au développement durable. « Ces données doivent aller au-delà de la lutte pour le climat et montrer comment chaque entreprise œuvre pour l’intégralité de ses parties prenantes, par exemple en matière de diversité du personnel, de durabilité de la chaîne d’approvisionnement ou de protection de ses données clients », a-t-il expliqué dans sa lettre annuelle aux investisseurs.

Concilier objectifs économiques et engagement sociétal

Alors que nous entrons dans une nouvelle normalité, ce message résonne encore plus. Pendant les confinements, les gouvernements ont injecté de l’argent public dans le secteur privé, ont payé les salaires des travailleurs en chômage partiel et ont mis en place des prêts avec des conditions flexibles. Dans certains cas, ils ont également assoupli les exigences réglementaires, par exemple les législations sur la concurrence pour certains accords habituellement jugés comme anticoncurrentiels. Ils ont soutenu les entreprises dans le monde entier, et collectivement, nous devons reconnaitre notre responsabilité à l’égard des personnes qui nous ont soutenu.

Les mesures de confinement ont impacté l’ensemble de la population, mais elles ont également exacerbé les inégalités. Si nous sommes au milieu d’une crise mondiale, l’urgence climatique n’a pas pour autant disparu. Naturellement, la population en général demande aux gouvernements et aux entreprises d’intégrer davantage les enjeux climatiques et la justice sociale dans leurs plans de relance.

Investir durablement dans la nouvelle normalité

La crise de la COVID-19 a mis en lumière le rôle des entreprises. Nous sommes tous victimes de cette crise et nous nous souviendrons des nombreuses entreprises qui ont tendu la main à la société. Aux États-Unis, Ford et GM ont fabriqué des respirateurs, tout comme un groupe de plus grands fabricants au Royaume-Uni sous la bannière VentilatorChallengeUK. L’industrie pharmaceutique a adopté la collaboration, le partage d’informations et des chaînes d’approvisionnement. Royal DSM et VDL Groep ont annoncé une joint-venture pour la fabrication d’équipements de protection individuels aux Pays-Bas. Pieter Wolters, vice-président de l’innovation chez DSM, a déclaré : « Notre joint-venture marque le début d’une nouvelle ère, basée sur les initiatives de DSM visant à soutenir la production à prix coûtant de masques médicaux, de désinfectant et d’écouvillons de test lorsque leur demande était la plus forte et que des actions immédiates étaient nécessaires pour combattre la COVID-19. »

La pandémie nous a fait prendre conscience que nous faisons tous partie d’une grande société mondiale qui habite une planète qui a désespérément besoin d’être protégée et soignée. De ce fait, les investisseurs se tournent davantage vers les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) depuis l’arrivée du coronavirus.

Selon un rapport récent, la banque d’investissement suisse UBS s’attend à « un regain d’intérêt pour les critères ESG après la crise, avec plus de transparence du côté des entreprises et plus de responsabilité du côté des parties prenantes ». Pour UBS, la façon dont les entreprises gèrent les enjeux tels que les droits de l’homme, le bien-être des salariés et les relations avec la communauté est désormais soumise à un examen minutieux. Elles ne peuvent plus passer outre. Les solutions proposées par les entreprises peuvent avoir un impact durable sur leur réputation et les relations futures avec les partenaires, les clients et les législateurs.

Orange a par exemple intégré l’égalité numérique et la responsabilité environnementale dans son plan stratégique Engage 2025. Nous nous engageons en matière d’inclusion afin que chacun puisse profiter de la révolution numérique. Nous avons également émis 500 millions d’euros d’obligations durables afin de financer des projets qui reflètent parfaitement les ambitions du groupe dans les domaines environnementaux et sociaux.

Notre contribution à la lutte contre le changement climatique figure également parmi nos grandes priorités. L’année dernière, nous avons rejoint l’initiative de la GSMA visant à élaborer une feuille de route pour l’action climatique dans le secteur des communications mobiles, dans la continuité de l’Accord de Paris. Nous avons décidé d’accélérer nos efforts pour atteindre la neutralité carbone en 2040 malgré l’explosion de l’utilisation des données sur les réseaux membres, soit 10 ans avant l’objectif fixé par notre secteur.

Les entreprises doivent affirmer leur stratégie RSE

Malgré les perturbations causées par la pandémie sur l’économie et les marchés mondiaux cette année, les stratégies d’investissement durable ont offert des performances similaires ou supérieures à leurs équivalents traditionnels selon UBS.

Les entreprises devront fixer des objectifs plus ambitieux dans une démarche de responsabilité citoyenne afin, entre autres, de réduire leur empreinte carbone, d’améliorer la diversité en matière de recrutement et d’aider leurs communautés. Selon Boston Consulting Group, les entreprises qui ont mis en place des critères ESG stricts atteignent de meilleures marges et sont mieux valorisées. Celles qui ne suivent pas cette voie pourraient subir de graves répercussions financières.

Chez Orange Business Services, nous œuvrons pour une croissance durable en plaçant les enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux au cœur de notre philosophie d’entreprise. Nous avons par exemple pour objectif de réduire la fracture numérique en proposant des solutions inclusives aux gouvernements et aux ONG afin de mieux servir les citoyens. Nous aidons les entreprises à prendre en compte le facteur humain dans leur transformation numérique grâce à des services de conseil et de formation des salariés. Enfin, nous nous efforçons de proposer nos offres dans la plupart des régions pour accélérer la digitalisation et réparer la fracture numérique.

Total Societal impact (TSI) : la nouvelle composante de la feuille de route des entreprises

Alors que nous entrons dans une nouvelle normalité, le TSI doit figurer parmi les priorités de tout bon conseil d’administration. Le TSI fait désormais partie des moteurs de la stratégie d’entreprise, au même titre que la rentabilité globale des actionnaires, selon le Boston Consulting Group. Je suis entièrement d’accord avec cette idée.

Le TSI est l’impact global d’une entreprise sur la société, mais ce n’est pas une solution unique et prête à l’emploi. Pour créer un discours TSI cohérent et amplifier son message, il faut du temps. Ces efforts seront cependant récompensés par une approche intelligente des activités, source de collaboration et de partenariats qui, en fin de compte, aura un impact positif sur les individus et la planète.

Lors de la dernière Semaine européenne du développement durable, nous avons pu évoquer une nouvelle fois les objectifs de développement durable sur lesquels le Groupe Orange se base pour évaluer l’impact de sa stratégie RSE.

 

Pour aller plus loin

Fabrice de Windt
Fabrice de Windt

En tant que vice-président senior Europe chez Orange Business Services, Fabrice de Windt élabore la stratégie des partenariats régionaux et le développement de nouvelles opportunités client. Il parle anglais, néerlandais et français couramment et a trois enfants. C’est un passionné de tennis et de golf.