Évolution de l’environnement de travail : 3 questions à Thierry Souche, DSI du groupe Orange

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Quel rôle pour les Directions des Systèmes d’Information dans l’évolution des organisations, des outils numériques et des modes de management d’ici à 5 ans ? C’est la question posée par le récent rapport du Cigref, piloté par la DSI du groupe Orange, portant sur l’évolution de l’environnement de travail. Thierry Souche, DSI du groupe Orange, nous en dit plus sur la raison d’être de ce rapport.

Les réflexions sur l’environnement de travail relèvent a priori du périmètre des Ressources Humaines. En quoi l’implication dans ce sujet d’un acteur de la société numérique tel que le Cigref est-elle légitime et pertinente ?

Thierry Souche. La conviction du groupe de travail du Cigref est que la DSI est responsable des grands équilibres d’une entreprise ou d’une administration : elle doit permettre aux collaborateurs de bénéficier d’une expérience de travail simple et fluide, équivalente à celle qu’ils vivent dans leur sphère privée.

En tant que fonction support, la DSI a en effet comme clients internes l’ensemble des métiers et collaborateurs de son organisation. Elle leur fournit les outils et services numériques individuels et collectifs dont ils ont besoin, et contribue ainsi de façon significative au projet de transformation business. Pour ces raisons, le Cigref, qui regroupe essentiellement des responsables IT, est parfaitement légitime pour participer aux réflexions sur l’évolution de l’environnement de travail.

Ce rapport place les attentes des utilisateurs au cœur de la réflexion : qu’est-il attendu de la DSI dans ce contexte ?

Thierry Souche. Les équipes IT doivent participer à la mise en œuvre de la vision stratégique globale, déployer des outils sécurisés favorisant l’agilité et la collaboration entre les salariés et avec les partenaires et les clients. Elles doivent pour cela respecter un budget déterminé, en tenant compte du SI patrimonial de l’entreprise et surtout en répondant de manière très précise aux attentes des collaborateurs pour que les outils soient réellement adoptés. Il faut aussi préciser que les équipes IT doivent accompagner le phénomène actuel de digitalisation croissante des entreprises.

Ne pas tenir compte de ces attentes, c’est s’exposer à des stratégies de contournement et à une perte de contrôle des outils, et donc à des problèmes de sécurité et de confidentialité – dont la responsabilité incombe à la DSI. Celle-ci doit satisfaire le besoin de simplicité et d’ergonomie des utilisateurs, et combattre les potentielles insatisfactions, pour accroître l’attractivité de l’entreprise dans un contexte de guerre des talents.

Le rapport rappelle avant tout que la dimension humaine et la méthode seront les deux facteurs de succès déterminants dans la transformation digitale de l’environnement de travail des salariés.

Comment la réflexion du Cigref a-t-elle été organisée pour cerner les attentes des utilisateurs et des entreprises ?

Thierry Souche. Ce rapport du Cigref a pour objectif d’aider les DSI à concevoir, déployer et maintenir l’environnement de travail de demain. Pour mener cette mission à bien, elles devront prendre en considération de nombreuses dimensions ; le groupe de travail du Cigref s’est donc tout naturellement concentré sur une douzaine d’enjeux-clés.

[Infographie] Le calendrier de la DSI

Ces enjeux sont très variés, car il faut aussi bien prendre en compte l’UX (user experience) et l’attractivité de l’entreprise que l’innovation, la sécurité… Mais surtout, la transformation doit embarquer tous les collaborateurs. Les enjeux sont alors également ceux d’une transformation inclusive, d’une méthodologie en mode projet bénéficiant d’un fort sponsorship… Sans oublier l’évaluation de la solution et la communication des résultats, pour que cette transformation soit menée dans la plus grande transparence possible.

Enfin, toute cette étude a été alimentée par les retours d’expérience des participants. Le rapport s’appuie donc sur des situations concrètes pour aider le lecteur à cheminer dans sa propre réflexion, et alimenter son projet d’évolution de l’environnement de travail.

Pour aller plus loin :