En pleine santé grâce aux données

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Aux États-Unis, on estime que 300 à 450 milliards de dollars(1) pourraient être économisés par le système de santé grâce à la « santé connectée ». Un chiffre significatif qui révèle tout le potentiel des dispositifs de soins communicants qui promettent de relier le patient au soignant.

Isabelle Hilali, Vice-Présidente Stratégie et Marketing d’Orange Healthcare, nous livre son éclairage sur les promesses de l’e-santé. 

 

Des soins plus pertinents

Comme le rappelle Isabelle Hilali, les perspectives de la discipline sont vastes : « L’e-santé, c’est le croisement de deux mondes, celui des technologies et celui de la médecine, qui jusqu’à aujourd’hui se parlaient peu. Mon ressenti est que tout est encore à inventer. »

Pourtant, à l’aube de son développement, la santé connectée propose déjà une multitude de solutions pour repenser le parcours de soins :

  • Non liés directement au monde médical, les « wearables », ces capteurs à porter sur soi, permettent à tout un chacun de suivre plus finement sa santé dans une perspective de bien-être,
  • les dispositifs médicaux connectés fournissent au soignant une meilleure connaissance des patients avec, à la clé, un suivi à distance, un diagnostic affiné et des traitements mieux adaptés. Ce qui devrait encourager le développement de l’hospitalisation à domicile ou de la chirurgie ambulatoire,
  • les applications et sites mobiles, et surtout les plateformes de télémédecine mises en place régionalement permettent aux professionnels de santé et aux patients de mieux communiquer. De quoi ouvrir, par exemple, la voie à la téléconsultation.

Ces solutions constituent un vecteur d’amélioration de la qualité des soins, insiste Isabelle Hilali : « d’après les estimations actuelles, l’analyse en continu des données des patients pourrait réduire la mortalité de 20 % ! ».

Prévenir plutôt que guérir

Apportant une réponse en matière d’amélioration des soins, la santé de demain sera également prédictive. Au travers du suivi des données du patient, il devient possible d’anticiper certains troubles ou incidents physiques pour éviter des prises en charge lourdes et coûteuses. Et plus globalement, l’analyse des données de santé d’une population plus large pourrait permettre d’anticiper des grandes tendances et d’orienter des politiques de prévention.

Au-delà de l’enjeu de santé évident, l’e-santé cache un enjeu économique majeur : le suivi en continu des malades chroniques pourrait s’avérer effectivement moins coûteux que des examens répétés, la prévention des incidents permettrait également d’éviter des soins et des traitements parfois longs et coûteux.

La clé c’est la donnée

Analysant en continu les données physiologiques, les technologies de l’e-santé, font exploser le volume des données disponibles : dans la santé, elles devraient être multipliées par 50 d’ici 2020(1). Une production de masse qui, en alimentant la recherche, va accroître la connaissance des maladies.

Et cette application des techniques du Big Data au monde de la santé offrira « aux autres acteurs du monde de la santé, des industriels du médicament aux payeurs, l’accès à beaucoup plus de données, et les nouvelles technologies d’analyse de ces dernières permettront le développement de nouveaux outils de pilotage et d’évaluation dans ce secteur d’activité », ajoute la Vice-Présidente Stratégie et Marketing d’Orange Healthcare.

Un développement lent mais inexorable

Malgré des perspectives prometteuses, l’e-santé rencontre des freins à son développement. « La difficulté d'accès aux données de santé s’explique par un manque d’organisation de leur collecte, par un accès limité notamment par la règlementation et par une fragmentation des initiatives », explique Isabelle Hilali.

Toutefois, les choses bougent ! En France, des initiatives concrètes sont déjà lancées, comme le programme « Territoire de soins numérique », qui expérimente en condition réelle des parcours de soins numériques.

Parallèlement, les industriels comme Orange mènent des réflexions visant à faire évoluer l’e-santé, comme le rappelle la responsable d’Orange Healthcare : « pour progresser plus rapidement et de façon transverse, faire face aux freins législatifs, structurels, voire culturels, les grands acteurs de la santé et du numérique se sont réunis au sein du Healthcare Data Institute, le 1er Think Tank international consacré au Big Data en santé. » 

(1)  « Les données de la santé », Orange Healthcare, 2014

 

Pour aller plus loin

>> Les wearables : la connexion continue entre médecins et patients

>> E-santé : les technologies au service de la santé