Carnet de santé numérique : les Français sont-ils prêts ?

Le carnet de santé numérique - ou Dossier Médical Partagé (DMP) – réunit et stocke toutes les informations médicales des patients. L’objectif ? Pouvoir les partager avec l’ensemble des professionnels de santé. Si son déploiement constitue un grand pas en avant dans le développement de l'e-santé en France, la confidentialité des données et la sécurité des plateformes de stockage des données suscitent encore des inquiétudes chez les utilisateurs actuels ou potentiels.

La centralisation des données de santé pour faciliter le parcours de soin

Chaque personne bénéficiant d’un régime de sécurité sociale peut disposer d’un DMP. Ce dernier est accessible via une plateforme en ligne et une application mobile centralisant toutes les informations de santé (traitements, résultats d’examens, antécédents médicaux, comptes-rendus d'hospitalisation, coordonnées des proches et volontés anticipées de fin de vie).

Les avantages de ce carnet de santé numérique sont nombreux : médecins et établissements de santé ont directement accès aux informations médicales du patient, ce qui facilite grandement toute hospitalisation, une 1ère consultation ou une prise en charge aux urgences. Il en va de même pour le suivi des patients atteints de maladies chroniques ou pour ceux devant être pris en charge loin de chez eux (il évite ainsi analyses et traitements déjà prescrits ou d’éventuelles interactions médicamenteuses). À moyen terme, l’ensemble des données recueillies au sein du DMP permettront d’établir des statistiques et moyennes actualisées sur la population française (taille, poids, etc…).

Confidentialité et sécurité au cœur des préoccupations des Français

Plus de 5 millions de Français disposent désormais d’un dossier médical partagé. D’ici 2022, l’Assurance Maladie désire atteindre l’objectif de 40 millions de DPM ouverts.

Selon une étude FASN (Faire Avancer la Santé Numérique), plus de 90 % des Français souhaitent pouvoir accéder à leurs données de santé depuis un ordinateur ou un téléphone.

C’est selon eux la possibilité d’obtenir des soins de meilleure qualité (39 %), de simplifier les démarches (32 %) et de bénéficier de conseils personnalisés en prévention (24 %). Pour une majorité d’entre eux, l’ouverture du dossier nécessite un accompagnement : 31 % des patients sont passés par leur pharmacien, 32 % ont été conseillés par un agent de leur caisse d’Assurance Maladie et 18 % l’ont fait avec leur médecin traitant. Néanmoins, ces chiffres ne doivent pas cacher une réelle préoccupation des Français quant aux risques inhérents au stockage de données de santé en ligne : 52 % des personnes interrogées se disent inquiètes du piratage et du vol de données et 33 % de la perte de confidentialité. La responsabilité de l’hébergeur des données reste ainsi scrutée de près. Aujourd’hui, seuls les professionnels de santé autorisés (hôpitaux, laboratoires d’analyses, médecins, etc.) et le patient peuvent consulter et alimenter le DMP. L’accès au site et à l’application est d’ailleurs sécurisé, les détenteurs du compte étant les propriétaires exclusifs de leurs données et les seuls à pouvoir choisir avec qui les partager.

 

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