illustrer les possibilités de l'Open Data par l'exemple : la réalité augmentée

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Retour en France cette semaine avec une application développée par

Ludique et instructif, la géolocalisation permet de retrouver l'information. Le site de data.rennes-metropole résume très simplement la valeur ajoutée de l'application et des données libérées correspondantes :

"Cela n’a jamais été aussi simple et ludique : grâce à la caméra du téléphone et les techniques de réalité augmentée, pointez vers un arbre ou un endroit du parc et visualisez directement sur votre écran le nom des plantes ou des monuments se trouvant en face de vous. Un simple clic et vous obtenez directement le détail des informations associés. Cette magie est rendue possible grâce à la compilation de données fournies par Rennes Métropole sur les arbres et les plantes du Thabor, complétées et enrichies de descriptifs détaillés sur les différents endroits du parc."

Je n'ai pas la prétention de discourir ici-même sur le potentiel économique de la réalité augmentée. Je vais donc me limiter à explorer les débouchés que cela offre pour la valorisation des données publiques.

la visite intelligente des musées

Je voudrais faire référence à une autre application, primée elle aussi, mais par la Commission Européenne dans le cadre du concours Hack4Europe en 2011, s'appuyant sur les données ouvertes à cette occasion par la bibliothèque européenne Europeana. L'équipe de Art4Europe a ainsi créé une application permettant de visualiser en réalité augmentée les informations relatives à une oeuvre photographiée in situ avec son smartphone. De quoi renvoyer aux oubliettes le bon vieil auto-guide. Une oeuvre, un smatphone, une photo, et tout le pédigré de cette oeuvre est restitué, traduit ou vocalisé.

 

 

Ce n'est pas innocent si cette application a été primée dans la catégorie "Meilleur potentiel commercial". Dans ce cas, pas besoin de géolocalisation, une recherche directe dans la base d'Europeana permet de ressortir l'information correspondant à une oeuvre. Europeana ayant pour vocation d'interconnecter l'ensemble des bibliothèques européennes, le potentiel d'une telle application est très important ... hormis les limitations de l'open data dans le domaine de la culture liées, notamment, au droit d'auteur des agents publics qui peuvent rédiger les notes accompagnant la description d'une oeuvre. La situation ne peut qu'évoluer tant elle limite le potentiel économique et social de l'open data.

la réalité augmentée comme source d'inspiration

Quels autres types d'application de réalité augmentée s'appuyant sur des données publiques peut-on imaginer :

  • Les données libérées par les villes sont évidemment de nature à être réutilisées dans ce sens. L'exemple de Rennes avec les espèces d'arbres et les monuments du Parc du Thabor pourrait être complété avec des données de Paris sur les lieux de tournage de films en présentant sur smartphone des extraits des films réalisés sur les lieux visités, ou encore une visite guidée du zoo de Montpellier avec descriptif des espèces.
  • Le procédé pourrait également s'appliquer pour visualiser des caractéristiques immatérielles autour de soi, comme les zones de couverture WIFI, le tracé des lignes de transport en commun, ou la qualité de l'air.
  • Enfin, avec l'émergence des tablettes dans le secteur éducatif, la réalité augmentée pourrait être utilisée aussi bien pour visualiser des espèces éteintes que des édifices en ruine, pour afficher les caractéristiques d'ouvrages d'art, la composition chimique ou les caractéristiques caloriques d'aliments du quotidien.

Quant au business modèle, il me semble assez clair, essentiellement en monétisant l'application et/ou le service pendant la durée d'une exposition ou d'une promenade. Une cible de marché très particulière peut viser les touristes étrangers, en proposant aux tours opérateurs d'intégrer une application de réalité augmentée touristique dans leurs packages. Côté secteur éducatif, ces services pourraient être proposés aux musées, mais également couplés aux manuels scolaires pour une expérience enrichie. Sans oublier le monde en développement des serious games qui pourraient en partie s'appuyer sur des données publiques ouvertes.

Cet article va clore la première série d'illustrations du potentiel de l'open data par l'exemple. Les remises de prix aux lauréats du premier concours dataconnexions, lors du premier événement de la communauté de ll'innovation open data organisé par Etalab dans les locaux d'Orange Labs à Issy les Moulineaux le 29 mai vont me permettre de me concentrer sur des projets innovants qui fonctionnent, preuves supplémentaires que l'open data offre des débouchés dès aujourd'hui.

Dans l'attente du prochain article sur un de ces lauréats, je vous propose de retrouver mes précédentes analyses sur mon espace professionnel.

Marc

Marc Ribes

Je suis tombé dans le eGov il y a 12 ans maintenant. Voir comment les Technologies de l'Information et de la Communication peuvent impacter positivement le fonctionnement des Etats, le rôle des administrations et la relation qu'elles ont avec les citoyens est finalement passionnant. Sur la base de mes expériences en France mais aussi à l'international, j'interviens sur le sujet de l'administration électronique pour Orange Business Services, un des acteurs clés de ce domaine pour cette dernière décennie. Je suis somme toute un jeune bloggeur et je m'attache à donner une vision attractive d'un sujet qui peut sembler ardu. Ma dernière passion dans ce domaine : l'Open Data et les formidables promesses de transparence et d'impact économique que d'aucun nous annonce.