Data Scientist : un nouveau visage de l'IT recherché par les RH

Avec l’avènement du Big Data, de nouvelles opportunités s’ouvrent pour les entreprises : amélioration des services proposés à leurs clients, nouveaux usages et nouvelles offres pour accélérer leur croissance. Selon IDC, ce potentiel pourrait s’estimer à 54 milliards d’euros en France d’ici à 2018. De quoi motiver plus d’un entrepreneur… Encore faut-il se doter des bonnes compétences pour tirer parti de la mine de données.

Data Scientist : un nouveau métier prometteur

Parmi les nouveaux métiers ayant émergé autour de la donnée, le Data Scientist a le vent en poupe. Qualifié de job le plus sexy du XXIe siècle par la Harvard Business School, sa mission est d’aider les entreprises à mettre en place une stratégie autour de la donnée afin d’en exploiter tout le potentiel.

De nature curieuse, sa qualité première réside dans sa capacité à écrire des lignes de code, comme le soulignent Thomas H. Davenport et D.J. Patil dans leur article pour le HBR. Profil technique avant tout, le Data Scientist est un mathématicien, génie des statistiques mais aussi doté d’une sensibilité marketing et d’un sens des affaires affûté. C’est ce dernier point qui va lui permettre d’identifier, à travers l’analyse d’un océan de données, les pistes d’optimisation pour l’entreprise ainsi que les leviers de croissance les plus profitables.

Sa mission est séduisante et son salaire attractif : entre 45K€ et 60K€ pour un junior. Pour se qualifier, il peut compter sur l’une des formations spécialisées en Data Science proposées par quelques écoles pionnières comme l’ENSAE ou l’Université de Paris-Saclay, ainsi que sur les nombreux MooC (Massive Open Online Courses) créés pour répondre au besoin de formation continue

Une forte employabilité

Alors que le cabinet McKinsey prévoit déjà une pénurie de 140 000 à 190 000 postes d’experts en analyse de la donnée rien qu’aux Etats-Unis d’ici à 2018, le gouvernement français mise sur la création de 10 000 emplois directs autour du Big Data et plus spécifiquement 2 000 profils de Data Scientist. Le nombre de postes à pourvoir devrait ainsi rapidement dépasser le nombre de candidats.

Bien entendu, toutes les entreprises n’ont pas vocation à recruter un Data Scientist dès demain. Cependant, toutes les tailles d’organisation et tous les secteurs d’activités peuvent être concernés. Comme le précise Pierre Cannet, PDG et fondateur de Blue Search Conseil, l’opportunité de créer un poste durable existe dès lors que le volume de clients est important.

La place du Data Scientist dans l’organisation

A l’instar de Captain Dash, permettant de créer des tableaux de bords dynamiques, ou de Quinten, spécialisée dans la valorisation des données biomédicales, certaines start-ups sont nées à l’ère du Big Data. Pour elles, le Data Scientist trouve naturellement sa place dans l’organisation. A tel point qu’il est même souvent l’un des fondateurs des start-up en question. La donne est différente pour les entreprises dont le modèle économique n’est pas directement fondé sur la donnée. Il s’agit pour elles d’un vrai challenge RH.

D’après Pierre Cannet, en dehors des éditeurs de solutions Big Data et des intégrateurs SSII, le Data Scientist peut trouver sa place soit au sein des directions informatiques, des directions marketing ou alors au sein d’une nouvelle équipe data. Le plus souvent, ce métier s’intègre dans le cadre d’une organisation renouvelée.

L’enjeu est de taille car au-delà de vouloir s’entourer de nouveaux profils, il est nécessaire d’analyser le besoin global en compétences et de repenser l’organisation autour de ces nouvelles missions. Pour ce faire, les équipes RH peuvent s’appuyer sur des cabinets de recrutement experts du Big Data ou des consultants, mais aussi et surtout engager la conversation avec les métiers pour identifier les objectifs poursuivis et construire l’organisation en face permettant de les atteindre, renforcée par l’arrivée des nouveaux experts de la donnée.

Comme tout nouveau métier, le Data Scientist n’a pas encore une fiche de poste figée, mais les besoins croissants en compétences autour de la donnée au sein des différentes équipes devraient certainement l’aider à trouver sa place dans les prochaines années.

Colette

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Colette Keeg

Multi-équipée, je suis (presque) tout le temps connectée. Le numérique fait partie de mon quotidien dans la vie pro et perso. On peut dire que je suis digital-addict. J'aime le bouillonnement des start-ups, les derniers gadgets High Tech et les dimanches en famille. Mes sujets de prédilection : les nouveaux business modèles, les tendances du numérique, l'évolution des usages et l'humain dans tout ça.