le développement durable survivra-t-il à la crise?

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Au cours de la première moitié de 2008, nous avons été sensibilisés à l'importance du développement durable. Le prix du pétrole a flambé à 140 $ le baril, et le coût des matières premières telles que l'acier, l'aluminium, le cuivre, l'argent et l'or a augmenté, ainsi que celui des produits alimentaires de base tels que le blé, le lait et le riz. La pollution a fait les gros titres dans la période précédant les Jeux olympiques de Pékin, à la fin de l'été, l'océan Arctique s'est ouvert à la navigation, et la glace permanente du pôle Nord devrait disparaître aux environs de 2025.

Les problèmes provoqués par le changement climatique et la pollution de la planète ont sensibilisé la population de manière croissante. Les consommateurs ont commencé à modifier leurs habitudes, les gouvernements ont commencé à prendre au sérieux le développement durable, et les sociétés ont transféré la direction de leurs services de responsabilité sociale d'entreprise aux comités de direction. Des sociétés industrielles respectables ont commencé à vendre leur crédit-carbone pour une valeur de plusieurs millions de dollars à la bourse du carbone. Nous avions tous le sentiment que quelque chose était en train de changer. 

Puis la bulle générée par la crise financière a éclaté, entraînant avec elle de grandes institutions financières telles que Lehman Brothers, AIG, Dexia et Fortis. Les marchés boursiers ont perdu un tiers de leur valeur et les crédits se sont totalement épuisés. L'attention mondiale s'est détournée du changement climatique et du développement durable, pour se focaliser sur les incertitudes croissantes du monde financier et sur la crainte d'une longue récession mondiale. 

Le moteur des crédits de l'économie mondiale étant sur le point d'être désintégré, les gouvernements du monde entier ont commencé à collaborer à un rythme totalement inédit dans les sphères de la diplomatie. En seulement quelques jours, les 27 États d'Europe ont décidé de réunir des fonds pour éviter toute faillite des banques et restaurer le flux de crédits entre celles-ci. De même, aux États-Unis, les démocrates et les républicains ont soutenu le Plan Paulson et l'ont voté dans les deux chambres du Capitole. À Camp David, la semaine dernière, le président de l'Union Européenne Nicolas Sarkozy, le président de la Commission Européenne Jose Manuel Barroso et le Président des États-Unis George W. Bush ont décidé d'organiser une réunion du G20 en novembre aux États-Unis pour refonder le système financier mondial, une sorte de deuxième « Bretton Woods ».

Et ensuite ? D'une part, il a fallu des dizaines d'années pour que nos dirigeants politiques ou économiques ainsi que tout un chacun, prennent conscience du danger auquel nous étions confrontés concernant le futur de notre planète, et la survenue de certains signaux d'alerte indique que nous sommes en train de prendre le problème en mains. D'autre part, il a fallu moins d'un mois pour que soit créée une sorte de « Gouvernement de la Terre » afin de résoudre la crise financière.

Laissons pointer l'optimisme qui sommeille en nous : 2008 pourrait marquer un tournant dans la croisade pour le développement durable, qui deviendra un projet mondial en 2009. Les fabricants automobiles luttent déjà pour le lancement de voitures électriques, les milliardaires investissent dans des parcs éoliens pour des motifs de retour sur investissement, et les éminents pays d'Asie réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre. Nous savons que les ressources naturelles sont rares et donc extrêmement coûteuses, et nous devons donc les utiliser intelligemment, en évitant tout gaspillage ou dommage. Nous savons également que l'économie est fragile et que les flux financiers doivent être gérés de manière éthique et responsable.

Les gouvernements nous ont montré de quoi ils étaient capables pour oublier leurs différences et s'accorder sur des mesures qui permettront de sauver le monde financier. Ils sont certainement capables d'utiliser cette nouvelle compétence pour se réunir à nouveau et décider de la meilleure solution à adopter face au développement durable. Cette problématique a fait son entrée dans la conscience globale et les dirigeants politiques et économiques réalisent qu'ils doivent trouver une solution ensemble. L'idéogramme chinois du mot « crise » est une combinaison du terme « risque » et du terme » opportunité » : penchons alors pour l'opportunité.

Qu'en est-il des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans ce débat ? Un rapport récent du Climate Group déclare que les TIC représentent 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et qu'en 2020, il serait possible de réduire jusqu'à cinq fois ces émissions grâce à l'effet de ces technologies sur les moteurs, la logistique, les bâtiments et les grilles. Agissons !

Axel Haentjens

Directeur des Partenariats Cloud et Services Digitaux d’Orange Business Services, ma mission est d’animer une communauté de partenaires pour développer des propositions de valeur commune à l’intention de nos grands clients français et internationaux. Entré en 1995 dans le Groupe Orange, j’ai été successivement Directeur Stratégie et Marketing de Transpac, Directeur du Marketing de Global One, Senior Vice President Strategy d’Equant, Directeur du Marketing et de la Communication Externe d’Orange Business Services, et plus récemment Directeur Marketing et International d’Orange Cloud for Business. En parallèle à mes différentes fonctions, je gère la Communication sur la Responsabilité Sociale d’Entreprise d’Orange Business Services depuis 2006.