le marketing digital : plus de toile sur la Toile (part 2)

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(lire la partie 1 : le marketing digital, tout un art )

Comme nous l’avons vu dans la première partie, les outils numériques ont changé notre façon de vivre, d’acheter, de consommer, même à travers nos loisirs. Notre environnement s’adapte, pour nous proposer des services cross-canal, enrichissant au quotidien notre expérience de visiteur ou acheteur. Qu’il s’agisse de numérique orienté contenu (virtualisation des œuvres d’art sur internet) ou d’outils permettant d’approfondir la visite physique
(voir part 1) le musée s’approprie brillamment les solutions digitales. D’ailleurs, en 2010, la fréquentation du site internet du Centre Pompidou a dépassé celle du Centre Pompidou physique

du musée physique au musée 3.0 : rendre l’art accessible à tous sur la toile

1 le musée virtuel complémentaire du musée « physique »

L’un des enjeux actuels des musées est la possibilité d’enrichir l’expérience de visite grâce au numérique. Bien que de nombreuses applications Smartphones ou tablettes tactiles soient développées dans cette optique, le musée virtuel apporte bien plus encore : il permet une diffusion plus large et une notoriété plus internationale. Le Centre Pompidou l’a bien compris puisqu’il a lancé, le 4 octobre, son nouveau site internet, conçu comme une plateforme virtuelle ouverte à l’art moderne et contemporain : « le Centre Pompidou virtuel propose de révéler la face cachée du musée, ses réserves, ses archives mais surtout 75 000 œuvres et les fiches de 6 000 artistes via le moteur de recherche interne, le visiteur est invité à construire son parcours dans ce site à l'interface simplifiée ».

2 le musée virtuel comme base de données mondiale de l’art

Le musée virtuel, qui n’a à ce jour pas de définition propre, est utilisé lorsque l’on parle d’un espace web (site/plateforme), centré autour de l’art (peintures, sculpture, livres…). Son objectif est de permettre aux internautes d’accéder en temps réel à des œuvres que possèdent les musées privés et public (qu’elles soient connues ou non) mais aussi les particuliers. Son intérêt premier réside dans la simplicité d’accès qu’il offre ( dans l’espace temps). Nous l’avons vu, il permet aussi de rendre visible les œuvres non exposées. Enfin, sa communication est centrée autour de l’œuvre et non autour d’un musée. C’est le cas par exemple de « Google Art Project », une plateforme gratuite qui intègre 35 000 œuvres provenant de 184 institutions artistiques du monde entier. Elle permet aux internautes d’explorer un musée et d’y découvrir ses œuvres d’art en détail grâce au zoom haute définition

3 le musée virtuel en 3D : la rencontre entre collections historiques et nouvelles technologies

Utilisée pour ses vertus pédagogiques et ludiques, la 3D est aussi une formidable
ressource en ligne pour rêver. Elle permet aux internautes des musées virtuels de se localiser dans le temps et l’espace, de poser les jalons chronologiques des évènements historiques (http://www.google.fr/culturalinstitute/), et d’avoir envie d’en découvrir davantage. C’est pourquoi le Château de Versailles, en partenariat avec Google, a créé le site internet http://www.versailles3d.com. Cet outil pédagogique et de médiation permet de mieux comprendre l’évolution du château dans le temps et d’accompagner les 6 millions de visiteurs du monde entier qui le découvrent chaque année.

4 les réseaux sociaux et les musées

Les réseaux sociaux sont une des solutions permettant aux musées de proximité de rester en contact direct et constant avec la population locale (Brooklyn Museum) mais pas seulement. Ils deviennent des outils de communications complémentaires. Être sur un réseau social comme le Quai Branly, c’est un moyen d’augmenter la notoriété du lieu et donc peut-être le nombre de visites. Mais le monde des musées et des arts culturels disposent aussi ces propres réseaux sociaux : on découvre par exemple Pictify, la nouvelle plateforme d’agrégation de contenu, semblable à Pinterest, avec un tableau d’affichage virtuel, mais spécifiquement dédié aux musées : « les artistes et les institutions culturelles peuvent afficher des œuvres fascinantes en ligne, permettant ainsi à d’autres utilisateurs de la communauté de formuler des commentaires et de publier des photos semblables. Les utilisateurs peuvent également suivre leurs profils préférés, tout comme ils le feraient sur Facebook ou Twitter ». Le musée d’Orsay à sa page sur Pictify avec des photos de certaines de ses expositions les plus populaires ainsi que des informations sur le musée.

Monétiser le musée virtuel : utopie ou réalité ? Aujourd’hui nous n’avons pas le recul nécessaire pour déterminer si les musées virtuels et leur présence sur les réseaux sociaux leur permettent d’augmenter le chiffre d’affaires des musées physiques.

Une chose est sûre, nous constatons 2 choses :
- la demande des visiteurs est toujours plus forte pour des services « visuels » et online.
- l’offre aussi est en augmentation : le nombre de musées à se lancer dans des offres numériques, à s’exposer sur la toile ou à s’intéresser aux réseaux sociaux est tous les jours un peu plus important.

La révolution numérique est en place dans les institutions muséographiques. Et si le business économique n’est pas encore clair, ces évolutions apportent un vent de fraicheur dans des lieux culturelles. Et ça ne peut-être que Positif !

Adeline Brogard

crédit photo - machiavel007 - Fotolia.jpg

Adeline Brogard

Je suis consultante au sein du pôle de compétences Relation Client & Innovation d'Orange Consulting, entité conseil d'Orange Business Services, et accompagne les entreprises dans la réussite de leur transformation numérique.  Aujourd'hui, je travaille sur les services de "parcours client cross canal" et je m'intéresse particulièrement à l'évolution des usages multi-terminaux des consommateurs. Intéressée par le web et les nouvelles technologies, j'aime découvrir les tendances digitales de demain et les transformations qu'elles apportent dans notre approche de la relation client