Faut-il prendre les bracelets d'activité au sérieux?

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De plus en plus de bracelets pour nous "coacher" sont proposés sur le marché. Cependant, il apparait qu’ils fournissent des résultats approximatifs et leurs mesures sont ainsi à relativiser. Est-il donc pertinent d’être connecté via bracelet ? Je me pose la question…

la chasse aux signes vitaux est ouverte


Les bracelets fitness fleurissent actuellement sur le marché. Ils promettent de faire le suivi de différents signes vitaux. La plupart, maintenant, propose ainsi de mesurer votre activité (podomètre, calories brulés…), votre battement cardiaque, votre sommeil,…

Mais quelle valeur à accorder à ces mesures ? J’espère que vous êtes prêt à relativiser car des études commencent à s’intéresser à cette question…

mesurer oui, mais encore faut-il choisir l’outil adapté


Prenons 3 exemples :

  • Le rythme cardiaque :
    Au niveau du cardio, une étude américaine a été réalisée récemment.

    Intéressons-nous d’abord à l’aspect technologique : les cardiofréquencemètres dans les bracelets d’activité utilisent une technologie optique, contrairement à un cardiofréquencemètre en ceinture qui se base sur les pulsations cardiaques, en captant les impulsions électriques.
    Concrètement cette technologie optique consiste à illuminer les vaisseaux sanguins et, grâce à un capteur, à mesurer à quelle fréquence le sang circule dans ces vaisseaux. Cela peut ainsi être embarqué soit sur un bracelet, soit sur une application au niveau du téléphone.

    Dans tous les cas, pour avoir une bonne mesure, il faut être le plus inactif possible pour permettre au capteur de bien analyser la zone éclairée. Oubliez donc de les utiliser pour suivre votre rythme cardiaque lorsque vous courrez (alors que c’est évidemment un des premiers usages que l’on imagine) !

    De plus, l’étude rappelle qu’aux Etats-Unis ces cardiofréquencemètres ne sont pas « à usage médical », et donc, pas soumis à la régulation de la FDA (Food and Drug Administration).
    Il est également montré que les mesures au poignet sont beaucoup moins précises que celles effectuées au bout des doigts.

    Les cardiofréquencemètres optiques sont donc à utiliser au repos et pour toute activité sportive, le cardio en ceinture reste le meilleur choix.
     
  • Le tracking d’activité :
    Concernant les solutions pour mesurer l'activité,  là encore des articles dans Le Monde, le NY times, montrent leurs limites…

    En effet, vous l’avez peut-être déjà constaté, tous les podomètres ne donnent pas le même résultat. Par ailleurs, les activités octroyant peu de mouvements (nettoyage, rester debout… et même faire du vélo si le bracelet est porté au niveau du bras) engendrent un enregistrement des niveaux d'activités bien plus faible que ce qui peut être mesuré avec un masque mesurant la consommation d'oxygène par exemple. Le dénivelé en course également n'est pas pris en compte, or ceci influe beaucoup sur la consommation énergétique.
     
  • Le sommeil :
    Pour le sommeil, certains sites ou articles indiquent que les bracelets se basent essentiellement sur le mouvement.

    Or pour une étude précise du sommeil, seule la polysomnographie permet de récolter de nombreuses informations sur le sommeil avec l'activité cérébrale, la respiration et les mouvements des yeux. Les niveaux de sommeil sont en effet avant tout basés sur l'activité cérébrale et non le mouvement, donc les données de mouvements ne sont pas les plus justes pour estimer la qualité du sommeil.

    L'ajout de la mesure de la pulsation apporte un plus, mais n'est pas complet. Ainsi, il apparait qu'en cas de sommeil agité, les capteurs ont du mal à analyser les différentes phases possibles et peuvent donc fournir des informations erronées à ces mauvais dormeurs et même potentiellement ne pas les alerter alors que leur sommeil est de piètre qualité.

Des bracelets imprécis mais stimulants ?


Ainsi nous l’avons vu, quel que soit le bracelet ou le signe vital surveillé, les données remontées ne sont pas, pour le moment, forcément précises, ni valides dans un « but médical ».

Prenez donc du recul par rapport aux informations remontées ! Le bracelet de suivi d’activité, de par sa conception, n’est en effet pas à même d’appréhender toute votre activité quotidienne.
En outre, pour des activités sportives, un capteur en bracelet ne sera pas assez précis et fin pour vous permettre de gérer votre effort en fonction de l’évolution de votre rythme cardiaque par exemple.

Malgré tout, ces capteurs ont du bon ! Même imparfait, ils peuvent permettre à des personnes de changer leurs habitudes et d'aller vers un comportement plus sain. De plus, ils mettent en avant  l'importance du sommeil ce qui est une bonne chose car le sommeil est indispensable pour une bonne concentration et un meilleur bien-être physique, ce que beaucoup de personnes oublient.

Ces capteurs permettent ainsi de souligner une évolution de comportement, ils sont de bons incitateurs pour une vie plus saine, mais décevrons médecins et sportifs aguerris.

Olivier.

 

crédit photo : ©Mimi-Potter - Fotolia.com
 

Olivier Graille

Comme il n'y a pas que la technologie, mais également la santé et le bien-être, je travaille sur les aspects télécollecte de données santé et wellness au sein d'Orange.