LE PRINCIPE D'INDEPENDANCE DE LA MACHINE VIRTUELLE A LA PLATEFORME MATERIELLE

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J'ai abordé dans un autre article le principe d'équivalence. Aujourd'hui, je voudrai parler du principe d'indépendance de la plateforme matérielle et des possibilités offertes par cette approche.

Dans son concept, la virtualisation consiste en la mise en œuvre d'une solution logicielle sur des composants matériels (serveurs, stockage, téléphone,...). Cette couche supplémentaire permet « d'uniformiser » les composants matériels en présentant aux systèmes d'exploitation installés dans les machines virtuelles des drivers génériques. On ne parle plus de processeur Intel Xeon 5500 ou de CPU AMD mais d'un vCPU générique et indépendant de la plateforme. Cette approche permettant de présenter aux machines virtuelles des composants génériques (CPU, RAM, HD, USB, SCSI, ...) et de s'affranchir des contraintes des infrastructures physiques. En d'autres termes, une machine virtuelle montée sur une infrastructure d'un constructeur x pourra s'exécuter sans modification sur une infrastructure matérielle d'un autre constructeur. L'hyperviseur, doit encore rester identique?.
L'indépendance des machines virtuelles à la plateforme matérielle amène les concepts de mobilité et de flexibilité au sein du système d'information de l'entreprise. Les machines virtuelles, en fonction des besoins, peuvent migrer d'un hôte physique à un autre, peuvent bénéficier de l'ajout de ressources supplémentaire dynamiquement, etc. Des masters de machines virtuelles peuvent être générés à partir d'une infrastructure matérielle et déposés sur une autre sans aucune modification. Le principe d'indépendance permet de présenter de la ressource (CPU, RAM, stockage, ...) aux machines virtuelles et ainsi uniformise la gestion du matériel.
Au-delà de ces aspects fonctionnels, le principe d'indépendance nous amène à reconsidérer la manière dont nous abordons le système d'information. La virtualisation permet désormais de s'affranchir de la plupart des contraintes matérielles et de mettre à disposition de la ressource pour les systèmes d'exploitation, les applications et les utilisateurs. En allant au bout du raisonnement, pourquoi ne pas concevoir désormais des infrastructures entièrement mutualisées et délivrant uniquement de la puissance pour les applications. Les anglo-saxons appellent cela le Platform as a Service (PaaS).
Le principe du PaaS est de présenter aux applications (et aux machines virtuelles) des agrégats de ressources qui sont découpés logiquement en fonction des besoins. Le découpage logique suit en règle générale la logique métier et organisationnelle de l'entreprise. Par exemple (schéma ci-dessous), il peut présenter les différents environnements de travail (schéma ci-dessous) sur une même plateforme tout en les cloisonnant. Cette approche offre performance et souplesse. Les environnements sont simples à maintenir et à faire évoluer ; leur dimensionnement peut être réévalué en fonction des besoins, ... Dans le cadre d'un hébergeur et où d'une infogérance, l'ensemble des clients peuvent être hébergés sur une plateforme mutualisée tout en conservant un environnement dédié. 

 

 

Schema Infra mutualisée.png

Bien sûr ce raisonnement est dans l'absolu. Dans le détail, il est pratique et intelligent de regrouper les ressources physiques par types et génération et de les « rassembler » en cluster logique pour bénéficier des meilleures performances offertes par chaque typologie plateforme. Par exemple, il est intéressant de regrouper les plateformes par jeux d'instruction CPU pour bénéficier des avancées dans la virtualisation assistée des fondeurs.

Olivier Domy

Je suis un pragmatique qui a cœur de proposer des solutions cohérentes et en phase avec un contexte client spécifique. Je travaille essentiellement autour des concepts liés à la rationalisation des infrastructures des systèmes d’information et particulièrement sur les projets de transformation des environnements utilisateurs.