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les API : business as usual ou la clef du pouvoir ?

Historiquement les API (Application Programming Interface) ne sont que des descriptions techniques permettant d'utiliser des librairies logicielles sans en connaître le fonctionnement interne, et sont, en ce sens, consubstantielles de l'informatique depuis ses débuts.

No big deal then...

Pourtant les API sont progressivement devenues autre chose :

  • une façon de normaliser sans l'intervention d'organismes de standardisation longs et peu souples
  • une façon d'offrir ou de monétiser des fonctions métiers sur Internet
  • un enjeu business avec des sociétés qui utilisent les APIs comme de véritables produits
  • voire un enjeu stratégique pour les industries de l'IT.

La guerre que Google et Oracle se livrent sur la propriété intellectuelle des APIs de Java illustre bien cet enjeu stratégique, avec des millions de dollars dépensés en frais d'avocats. Très récemment, un juge vient de donner raison à Google en légitimant la copie des APIs Java dès lors que la façon de rendre la fonction n'est pas contrefaite. Ce jugement pourrait faire jurisprudence et dessiner pour longtemps le panorama.

Cela pourrait... Mais Oracle a fait appel.

les API : un produit cloud comme un autre ?

Le cloud est indissociable des API. A tel point que le premier produit de cloud computing connu, les Amazon Web services, est un ensemble d'API appelables via Internet (appelées web APIs ou cloud APIs).

Mais, au-delà du pionnier Amazon, la plupart des grands leaders de l'Internet ont des produits qui se matérialisent principalement par des API : la cartographie personnalisée avec Google Maps, le paiement en ligne avec Paypal et Google, l'authentification avec Facebook Connect....

Forts de leur expérience d'opérateurs de service sachant par exemple facturer ou rémunérer à l'usage, les opérateurs se sont également lancés dans le business des API web avec des API comme : l'envoi et la réception de SMS, le click-to-call, la localisation, la facturation sur facture télécom, les services vocaux..

Grâce à ces API, les applications et les personnes peuvent facilement communiquer, par exemple en renvoyant des rappels de rendez-vous par SMS. Quantitativement, c'est sûrement AT&T qui remporte la palme avec entre 5 et 10 milliards d'appels par mois à ses API. Qualitativement, les approches diffèrent selon les opérateurs : très centrée sur un modèle revenue share pour Telefonica (Bluevia), et très orientée sur les enablers de la relation client et la rapidité d'intégration pour Orange (Orange API).

les API sont les amis des services cloud

Tout produit ne peut pas se réduire à une API (heureusement !), en revanche les API peuvent avantageusement enrichir un service existant. Et là aussi, il y a plusieurs niveaux d'enrichissement.

Le plus impressionant est certainement Salesforce qui a réussi à attirer près de 50 000 développeurs qui construisent grâce aux API des composants enrichissant l'offre Salesforce, sans que ce dernier n'ait à débourser un centime.

Les API devraient également permettre de générer des revenus substantiels pour Facebook, par exemple avec Zynga et le social gaming. Je crois bien que ces revenus ne seront pas inutiles à Facebook pour démontrer sa rentabilité...

Les exemples sont légion, et c'est souvent instructif de regarder si vos fournisseurs de services habituels disposent ou pas d'API. Pour l'essentiel, elles permettent d'automatiser des tâches directement depuis les applications SI, comme par exemple la gestion d'un parc de cartes SIM (exemple). 

Pour le fun, j'aime bien l'API de Deezer qui a par exemple permis à Orange de créer une application de blind test musical pour smartphones et tablettes.

Eh oui, les APIs sont aussi là pour animer vos soirées !

Olivier

crédit photo : © Konstantin Yuganov - Fotolia.com

Olivier Perrault
Véritable globe trotter au sein de Orange, je me suis tour à tour occupé d'équipes d'ingénieurs geek, de marketeurs et même de mathématiciens émérites sur des sujets aussi divers que la business intelligence, les services TV et musique, la Voix sur IP et même la télématique automobile (oui ça existe). C'est ça qui est cool chez Orange.
Ce que j'aime bien avec le cloud, c'est que tout est ouvert et disponible. Les frontières entre le savoir-faire des experts et la disponibilité pour tous, grands groupes ou simples individus, tombent rapidement. Avec cette participation au blog, j'espère accélérer le mouvement à ma façon.