Combien de machines virtuelles sur un serveur?

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Récemment, un article du monde informatique sur les taux de consolidation "réels" avec les technologies de la virtualisation m'a fait réagir.  Plusieurs experts sont interrogés sur leurs retours d'expériences sur les taux de consolidations en environnement virtuel et j'apprends, à ma grande surprise, qu'au-delà de 6 machines virtuelles par hyperviseur, les performances des applications (et la qualité  de service) se dégradent fortement, au point de pénaliser les utilisateurs. La solution proposée est une course à la ressource; course sans fin et sans valeur... Le mur du cloud a-t-il été franchi :)?

A mon avis, la question doit être posée différemment. Ma propre expérience d'intégrateur me montre des taux de consolidation moyens de 1 pour 10 sur des hyperviseurs vmware bi-pro quad-cœurs avec 32 Gb de RAM . La vraie question est de savoir quel est le taux de consolidation en fonction de la typologie des applications et de la ressource disponible. Il est sûr que nous consoliderons, sur un même hyperviseur beaucoup plus de serveurs web que de serveurs de bases de données... et cela, sans dégradations de performances (n'oublions pas le principe d'équivalence, indispensable en environnement virtualisé).
 
Cette problématique est symptomatique dès la mise en œuvre d'un environnement virtualisé. Les solutions de virtualisation apportent une telle facilité et souplesse dans la gestion du datacenter qu'il est rapidement facile de se laisser déborder et de faire n'importe quoi. Nous constatons aujourd'hui que pour qu'un projet de virtualisation délivre toute sa potentialité, il est indispensable, au-delà de la réussite technologique de revoir tous les modes opératoires de gestion et de management de l'infrastructure.
Dans le cas qui nous intéresse, on pourrait par exemple mettre en place des règles d'équilibrage de charge entre les différents types de serveurs de façon à améliorer le taux de consolidation, de toujours conserver de la ressource disponible pour les pics d'activités et d'une manière plus générale, d'améliorer la qualité de service. 
Au-delà des outils de capacity planning et de supervision (qui sont des aides à la décision), il est important que les ingénieurs informatiques se recentrent sur leur vrai métier (la mise à disposition de l'information et de la ressource aux utilisateurs) en établissant des règles intelligente de répartitions de charge et d'architecture.
 
En analysant et modifiant les modes opératoires des équipes informatiques, la plateforme virtualisée pourra délivrer tout son potentiel technique et fonctionnel. Je traiterai ce sujet de la gouvernance au sein du datacenter virtualisé dans un prochain post.
Olivier Domy

Je suis un pragmatique qui a cœur de proposer des solutions cohérentes et en phase avec un contexte client spécifique. Je travaille essentiellement autour des concepts liés à la rationalisation des infrastructures des systèmes d’information et particulièrement sur les projets de transformation des environnements utilisateurs.