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IT : l'Inde peut-elle aller au-delà de la sous-traitance ?

IT : l'Inde peut-elle aller au-delà de la sous-traitance ?
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Au cours des deux dernières décennies, l’Inde a eu un impact considérable sur l’économie mondiale, avec des sociétés aussi différentes que Tata, Bharti Airtel, Wipro, Reliance et Infosys, qui sont devenues des acteurs majeurs à l’échelle internationale.
Publié le 31 Octobre 2013 par Anthony Plewes dans économie des télécoms
IT : l'Inde peut-elle aller au-delà de la sous-traitance ?

Au cours des deux dernières décennies, l’Inde a eu un impact considérable sur l’économie mondiale, avec des sociétés aussi différentes que Tata, Bharti Airtel, Wipro, Reliance et Infosys, qui sont devenues des acteurs majeurs à l’échelle internationale. Les entreprises indiennes se sont imposées dans de nombreux secteurs d’activité tels que le pétrole, l’acier et l’industrie manufacturière, mais également dans des industries high-tech de télécommunications, les logiciels et les services informatiques.

L’externalisation des processus d’entreprise (BPO), qui a démarré avec les centres d’appels et couvre désormais une large gamme de services allant du développement logiciel à l’assistance administrative, a été une source de croissance importante. Entre 2008 et 2012, le secteur du BPO indien est passé de 63 milliards de dollars à 101 milliards, soit 7,9 % du PIB national.

Beaucoup d’autres pays cherchent à rivaliser avec l’Inde en matière de BPO. En fait, selon l’étude économique réalisée par son propre gouvernement, l’Inde a perdu près de 10 % du marché du BPO au profit de pays comme le Brésil, la Chine et les Philippines. Cependant, selon l’association indienne Nasscom dédiée aux professionnels de l’externalisation, cette tendance concerne surtout le secteur des centres d’appels.

Consciente des évolutions de ce marché, Nasscom tente d’imposer la nouvelle désignation BPM IT (gestion des processus métiers informatiques) pour remplacer le terme BPO. L’association a déclaré que le secteur « avait progressé dans la chaîne de valeur puisqu’il gère l’intégralité des processus métiers et pas seulement leur externalisation. » Mais les analystes d’Ovum avertissent que cet exercice « est une vaine tentative d’atténuer les problèmes auxquels le secteur est confronté ». Ovum prévoit une consolidation du marché et affirme que les sociétés de services informatiques indiennes ont besoin « de nouvelles stratégies, pas de nouveaux noms ».

remonter dans la chaîne de valeur

Pour sortir du monde impitoyable de la concurrence des salaires, l’industrie des services informatiques fait déjà beaucoup d’efforts pour progresser dans la chaîne de valeur de l’innovation. Le système d’éducation indien a fait ainsi ses preuves pour former des ingénieurs aux compétences en recherche et développement prouvées.

Attirées par cette expertise,  25 nouvelles multinationales ont ouvert des centres de R&D en Inde au cours des 18 derniers mois, ce qui porte leur nombre total à plus de 1 000. Elles exercent dans des secteurs variés tels qu’Internet, l’ingénierie et la technologie. Cela représente près du quart du marché mondial de l’externalisation de la R&D et de l’ingénierie, ce qui fait de l’Inde son leader incontesté selon le cabinet d’études Zinnov.

Le cabinet de conseil Booz & Company a réalisé une analyse intéressante des 1 000 sociétés qui investissent le plus en R&D. Les résultats obtenus en regroupant l’Inde et la Chine montrent que dans ces deux pays, les dépenses en R&D ont augmenté de 27 % en 2011 pour atteindre 16,3 milliards de $, soit la plus grande hausse au niveau mondial (même si ce chiffre souligne que cette croissance partait d’un niveau plus bas que dans les pays développés). Cependant, Booz & Company note également que 90 % de ces dépenses totales sont imputables à la Chine.

des défis restent à relever

Certains indices viennent tempérer l’optimisme suscité par cette croissance indéniable. L’étude économique réalisée par l’Inde elle-même indique que malgré la qualité supérieure de ses établissements de recherche scientifique, ses capacités d’innovation sont moindres que celles des autres pays du BRIC et qu’elle ne parvient pas à convertir l’innovation en opportunités commerciales.

À l’échelle internationale, l’indice mondial de l’innovation classe l’Inde au 66e rang sur un total de 142 pays (les cinq premiers étant la Suisse, la Suède, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les États-Unis). L’indice utilise 84 indicateurs portant sur la qualité des universités et l’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC), ainsi que sur la disponibilité des microfinancements et du capital risque. L’Inde arrive seulement au 96e rang pour l’accès aux TIC et au 128e rang pour la facilité de faire des affaires.

L’Inde prend cependant des mesures adéquates pour renforcer sa capacité d’innovation. « Les pays en difficulté peuvent développer leur potentiel dans ce domaine en créant des pôles d’innovation regroupant des grandes entreprises aux objectifs compatibles et capables jouer un rôle de catalyseur stratégique », explique Barry Jaruzelski, associé senior et responsable de la division internationale Produits manufacturés et Services chez Booz & Company.

prendre en charge les micro-entreprises

L’innovation n’est pas de la seule responsabilité des grandes entreprises. Les petites et moyennes entreprises (PME) jouent un rôle important en fournissant des emplois rémunérateurs aux millions de jeunes Indiens qui cherchent du travail. Car contrairement à de nombreux pays développés et même à d’autres pays du BRIC tels que la Chine, l’Inde ne connaît pas de vieillissement de sa population. D’ici 2020, elle sera même le pays le plus jeune du monde, avec 64 % de personnes en âge de travailler.

Les micro-entreprises et les PME « jouent un rôle clé dans le développement économique et social de l’Inde puisqu’environ 45 % de sa production manufacturière et 40 % de ses exportations totales sont réalisées dans ce secteur », déclare D.S. Rawat, secrétaire général de l’association de chambres de commerce et d’industrie ASSOCHAM.

L’un des problèmes majeurs à surmonter par les micro-entreprises est l’accès au crédit. Seules 34 % d’entre elles ont accès aux banques ou à d’autres organismes financiers selon ASSOCHAM. Les autres obtiennent des financements par d’autres filières comme la famille ou les amis.

La microfinance a été une source importante de prêts pour les petites entreprises, mais le secteur a subi un fort ralentissement en Inde après son apogée en 2010. Elle semble cependant reprendre sa croissance grâce notamment au soutien de la banque centrale indienne, comme en témoignent les 144 millions de dollars de capitaux propres investis l’an dernier dans des organismes de microfinance. A noter que la réglementation plafonne les taux d’intérêt pour éviter les excès des prêts consentis durant les années fastes.

développer les infrastructures

Pour contribuer au développement des innovateurs du futur, ces entreprises ont également besoin de connectivité, mais le pays accuse un retard en matière d’infrastructures. Dans son rapport sur la compétitivité, le Forum économique mondial a montré que les infrastructures indiennes concernant les TIC, les transports et l’énergie étaient mal adaptées aux besoins de l’économie. « Pour la communauté économique indienne, le manque d’infrastructures est le principal obstacle au développement de l’activité », souligne le rapport.

Le taux de pénétration de la bande passante fixe, par exemple, est de seulement 1,1 abonné sur 100 personnes, avec une bande passante Internet qui atteint juste 5,2 kbit/s en moyenne. Même en ce qui concerne la bande passante mobile qui constitue souvent une solution alternative efficace dans les zones pauvres en infrastructures fixes, ce taux est assez faible avec 4,9 abonnements pour 100 personnes, ce qui place l’Inde à la 99e place sur 148 pays.

En conséquence, le gouvernement prend des mesures pour tenter de combler les carences en matière d’infrastructures. L’un des projets les plus ambitieux est le corridor industriel Delhi-Mumbai (DMIC), qui permet de relier les sièges du pouvoir politique et économique. Ce projet de 90 milliards de dollars prévoit de raccorder des villes intelligentes (smart cities) par un corridor long de 1 500 km et équipé de technologies « smart » de surveillance des conditions environnementales. Il a d’ailleurs été désigné par KPMG comme le second projet le plus innovant dans un rapport récent sur les projets d’infrastructure mondiaux. Le gouvernement travaille également sur une stratégie de cloud computing et sur un projet de carte d’identité nationale. Ces projets représentent un coût de 6,4 milliards de $ de dépenses informatiques cette année.

Il est certain que des projets de ce type sont essentiels pour aider l’Inde à améliorer son accès à l’informatique et à équiper les zones dépourvues de connectivité et de technologies. Cela stimulera l’innovation et cela lui permettra de maîtriser à terme l’économie du savoir.

Et vous ? Pensez-vous que l’Inde pourra s’imposer comme innovateur du futur ? Saura-t-elle s’appuyer sur son atout démographique majeur pour devenir un leader mondial ?

Anthony

 

Crédit photo : © Poles - Fotolia

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