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Souveraineté numérique : avenir de nos économies et de nos sociétés

Souveraineté numérique : avenir de nos économies et de nos sociétés
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De nombreuses voix se font l’écho de critiques à l’égard des projets de cloud souverain. Pourtant, au cœur de ces aspects de souveraineté, on trouve des enjeux cruciaux pour nos entreprises et la société. Interview de Didier Renard, Directeur de la stratégie d’Orange Cloud for Business sur le sujet:
Publié le 4 Avril 2016 par Yann Gourvennec dans cloud computing
Au-delà du cloud souverain, c’est la souveraineté numérique qui est le véritable enjeu du futur.
Souveraineté numérique

De nombreuses voix se font l’écho de critiques à l’égard des projets de cloud souverain. Pourtant, au cœur de ces aspects de souveraineté, on trouve des enjeux cruciaux pour nos entreprises et la société. J’ai interviewé Didier Renard, Directeur de la stratégie d’Orange Cloud for Business et Président de l’Institut de la Souveraineté Numériquesur ce sujet de fond.


voir la vidéo sur Youtube

 

Les véritables enjeux de la souveraineté numérique 

Les enjeux de la souveraineté numérique ne se limitent pas à un choix technique, encore moins à une posture politique ou protectionniste. Il s’agit d'une question de société et d’indépendance économique.

Le débat actuel sur le cloud souverain occulte le fond du problème pour se focaliser sur la méthode et tend à faire abstraction de la distorsion de concurrence qui explique en partie la situation.
« Aux USA, le développement de certains services a été rendu possible par des contrats d’Etat conséquents, impossibles à répliquer en Europe du fait de notre législation » explique Didier Renard.

Le fond du débat : la souveraineté numérique

Amazon crée son premier cloud en 2006, et Andromède germe en France en 2010. A cette époque, « l’idée qui guide cette création est absolument pertinente » nous explique Didier Renard. Les raisons de son délai de mise en œuvre ne seront pas débattues ici, mais elles importent peu. Il est impérieux de retrouver une solidarité nationale, tous fournisseurs confondus.

Tout d’abord, un volet économique

La « valeur créée en Europe dans le domaine numérique part en grande partie à l’étranger ». Le Royaume-Uni, pas plus heureux que la France de cet état de fait, a déjà réagi en ce sens récemment, avec un résultat mitigé. Le reste de l'Europe en est au stade de la réflexion.

La règlementation et l’évolution du Patriot Act vers le Freedom Act n’est pas une bonne nouvelle non plus. Pourtant, si les Européens semblent englués dans leurs réglementations, certains pays comme l’Allemagne ont démontré qu'il était possible de réagir en s'appuyant sur leur constitution nationale.

« Ce tableau noir reflète malheureusement la réalité » nous a confié Didier Renard, mais l'important est de pouvoir trouver des solutions. « Nous n’avons pas d’autre choix que de devenir les champions des technologies émergentes. Si l'on travaille avec une société française, plus besoin de se préoccuper du Patriot Act ». 

Pour faire évoluer cette situation, il faudra former nos élus : « une douzaine de députés et sénateurs sont experts du sujet sur environ 1 000 élus, ce qui veut dire que seul 1 % d’entre eux connaît le domaine » poursuit Didier Renard. Or, le poids du numérique ne cesse d’augmenter (3 % des emplois et 6 % du PIB en France, mais déjà près de 10 % des emplois aux USA et 12 % de leur PIB). On attribue même au numérique 25 % de la croissance française.

25 % de la croissance française est tirée par le numérique. Source Mc Kinsey in digitalbusinessnews.com

Ensuite, un volet sociétal

L’impact n’est pas qu’économique, la preuve en est le cas qui oppose Apple et le FBI. « Ouvrir une porte sur iOS serait une erreur » indique le Directeur de la stratégie d’Orange Cloud for Business. Si un cyber terroriste s’insinue dans ce système par la même voie, le dispositif sécuritaire se retournerait contre les Etats.

Par ailleurs, la géolocalisation et le tracking effectués via les différents terminaux des utilisateurs donnent des informations sur leurs comportements. Nous n’en sommes pourtant qu’aux prémices, viendra ensuite l’hyperciblage des offres, l’étape ultime amènera peut-être des startups peu scrupuleuses à formater les comportements des consommateurs.

Partant de là, on ne peut que craindre une escalade. En 2012, j’assistais médusé à une conférence TedX à Paris où le chirurgien Laurent Alexandre, dans la mouvance de Ray Kurzweil se tournait vers la salle et leur annonçait dans la surenchère scientiste d’un monde sans limites : « ma conviction personnelle est que certains d’entre vous vivront jusque 1 000 ans ! ».

Parmi les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle et le transhumanisme ne sont pas sans susciter certaines angoisses. En travaillant sur ces technologies, les chercheurs américains travaillant entre Boston et la Silicon Valley « imposent un mode de vie et une transformation radicale de l’homme et de la société, sans aucun mécanisme de souveraineté, de citoyenneté et de respect de la démocratie », reproche Didier Renard. « Le problème n’est pas de savoir si cela est bien ou mal, mais que l’on ne nous demande pas notre avis, en contournant le processus juridique et démocratique » conclut-il.

La souveraineté numérique nous a amenés sur un terrain qui va bien au-delà du simple choix d’un fournisseur de cloud. Et cela se comprend aisément : la paternité de nos données, leur utilisation ou leur protection sont au cœur de nos libertés. Nos libertés de citoyens et d’entrepreneurs.

 

Pour aller plus loin

Le cloud expliqué à votre DSI

Webinathon n° 6, Jeudi 14 avril 2016 : le programme en détail et le replay

 

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