en quoi le thème du développement durable est-il naturel pour le Groupe France
Télécom ?
C’est un héritage du statut historique de France Télécom. En tant que service
public, l’opérateur national se devait d’offrir le même accès au téléphone et
participait ainsi naturellement au développement économique du pays dans le sens
de l’intérêt général. Cet esprit est toujours le nôtre. Le groupe a également
développé, de par son activité, une très grande capacité de recherche et d’innovation
dont les fruits relèvent naturellement du développement durable. Nous avons aussi
été parmi les premiers à pratiquer le recyclage, comme celui du Minitel, avant
même que la réglementation ne l’impose. Nos agences recueillent aujourd’hui les
portables en fin de vie. 700 000 mobiles ont ainsi été recyclés en 2006.
quels sont aujourd’hui les grands chantiers de développement durable au sein
du groupe ?
Nous déployons actuellement des process de responsabilité d’entreprise dans toutes
les fonctions du groupe. Cela va de la formation des personnels à un comportement
éthique vis-à-vis des clients et des fournisseurs, à une politique d’achats éthique
et environnementale. À noter également notre politique ambitieuse de ressources
humaines dénommée « act : Anticipation et Compétences pour la Transformation »,
avec le souci du développement des capacités professionnelles en adéquation avec
les besoins de l’entreprise et la promotion du dialogue social. La signature avec
les syndicats, fin 2006, de l’accord UNI (Union Network International) permettra
de déployer cette ambition partout où nous sommes présents au niveau mondial,
y compris dans les pays où le dialogue social n’est pas institutionnalisé. Nous
incitons également les clients à certaines bonnes pratiques via des guides très
pédagogiques à destination des parents, notamment, sur l’usage du mobile. Plus
globalement, nous avons signé le Pacte mondial de l’ONU et sommes impliqués dans
de nombreux groupes de travail internationaux participant au développement durable
comme le GeSi (Global e-Sustainable Initiative), l’ETSI (organisme de normalisation)
ou encore le Mobile Phone Partnership Initiative (partenariat entre les acteurs
de l’industrie pour un management écologique des téléphones mobiles).
le développement durable est une notion à la mode. Qu’en sera-t-il dans vingt
ans ?
Nous en sommes aujourd’hui à la prise de conscience. Chacun cherche et doit trouver
quel est son rôle en termes de responsabilité d’entreprise. C'est grâce au dialogue
avec les clients, les employés, les pouvoirs publics, les ONG que ce domaine progressera
sur la base d’un double consensus : sur la réalité de la situation tout d’abord,
afin ne pas regretter dans vingt ans de ne pas avoir pris les décisions qui s’imposaient
! Le meilleur gage de succès et de durabilité de la responsabilité d’entreprise
: la disparition à terme de la fonction elle-même, car elle sera intégrée à la
stratégie de l’entreprise. Plus sérieusement, je crois que la responsabilité d’entreprise
va se traduire par une sorte de « code » incontournable pour que chacun puisse
continuer à vivre, produire, et consommer sur notre terre.