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Autorisation de la vente en ligne de médicaments : un non-évènement ?

Autorisation de la vente en ligne de médicaments : un non-évènement ?
2013-07-122014-04-02expérience clientfr
Depuis le 23 Juin on ne parle que de ça : un arrêté* publié au Journal Officiel autorise, à partir de ce jour, les pharmacies à vendre sur Internet des médicaments en accès libre. Ces médicaments concernés sont exclusivement des médicaments sans ordonnance, soit une liste de 4000 références.
Publié le 12 Juillet 2013 par Richard Billaudel dans expérience client
medicament internet

Depuis le 23 Juin on ne parle que de ça : un arrêté* publié au Journal Officiel autorise, à partir de ce jour, les pharmacies à vendre sur Internet des médicaments en accès libre. Ces médicaments concernés sont exclusivement des médicaments sans ordonnance, soit une liste de 4000 références.

L’idée peut être séduisante : pouvoir acheter, comme il est déjà possible depuis longtemps en parapharmacie, des médicaments en cliquant simplement sur un lien.

simplement ?

Pas tant que ça ! La responsabilité liée à la vente de ces médicaments reste portée par les pharmaciens. La conséquence, et on ne peut que s’en réjouir, est que ces professionnels de la santé seront toujours les garde-fous de la vente de produits « possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines ou animales ».

Ces derniers sont donc sensés, comme en officine, pouvoir établir un diagnostic rapide afin de vérifier que le médicament que vous souhaitez acquérir ne vous est pas contre-indiqué.  Le petit questionnaire qu’ils vous posent à chacune de vos venues se retrouve donc dans un  formulaire de validation sur le net. Les patients aimeront-ils passer quelques minutes devant leur ordinateur pour acheter une boite de pastilles pour la gorge ? L’usage est-il si adapté ?

l’usage, toujours l’usage

Certaines questions sont en effet à soulever : si la loi donne la possibilité technique d’acheter ces médicaments sur le web, a-t-on réfléchi à l’usage des patients potentiels ?

« Chérie, je fais les courses sur le web : veux-tu une boite de S. pour ta gorge ? » Ce scénario ne verra pas le jour de suite, car il n’est pas possible, il faut le répéter, de vendre des médicaments quel que soit le canal, si le vendeur n’est pas un pharmacien adossé à une pharmacie physique (c ’est d’ailleurs ce que cherche à changer l’enseigne Leclerc depuis plusieurs années, mais on comprend que ces produits ayant des propriétés actives aient été contrôlées jusqu’aujourd’hui par des professionnels soumis à des règles strictes). On comprend totalement l’intérêt pourtant… Cette vente complémentaire pourrait être un modèle tout à fait adapté, si on ne regarde que sous l’angle financier et pour un type de commerçant particulier.

  • mais si vous aviez mal à la gorge, attendriez-vous d’être livré ?
  • avez-vous le besoin fréquent d’acheter des médicaments sans ordonnance en dehors des moments où vous vous procurez ceux nécessitant une ordonnance ?
  • accordez-vous plus de confiance à une parole plutôt qu’à la réponse d’une interface ?

l’usage, encore l’usage

Admettons. Poussons l’idée plus en avant : vous faites le choix d’acheter vos médicaments non remboursés sur le web. En tant que patient -client, vous appréciez être renseigné sur les produits du site : soit par une mise en contact par téléphone, par chat, par sms, ou par mail…

Une seule question demeure : QUI paie ? Car s’il est intéressant de mettre en place une structure avec des ressources humaines compétences et disponibles pour répondre à vos questions, cette organisation a un coût : celle des professionnels qualifiés.

Quelles officines – dont certaines font 80% de leur chiffre d’affaire dans la vente de médicaments sur ordonnance – peuvent financer une telle organisation ?

Les patients, enfin, stockeraient-ils les médicaments non remboursés au même titre que les shampoings et les crèmes etc. ?

Quels sont donc les patients susceptibles d’être réellement intéressés ? Quelles officines, dont le chiffre d’affaire serait essentiellement tourné vers ce type de vente, ou dont la situation géographique isolée faciliterait les contacts avec les patients, trouveraient un retour sur investissement important ainsi qu’une amélioration de la relation patient ?

Ce sont des questions que se posent aujourd’hui un grand nombre de pharmaciens qui ne voient pas à court terme, et dans ces conditions, de changements majeurs liés à cette annonce. Les usages se développeraient-ils ? Même si la demande est forte en matière d’e-santé, le modèle est-il adapté à ce produit et à ces « vendeurs » ? Auraient-ils à moyen ou long terme un intérêt à utiliser ce nouveau canal de vente ? Il est en tout cas fort probable qu’à court ou moyen terme, et à part quelques exceptions, que cette annonce soit pour l’instant un non-évènement pour les professionnels de santé.

Richard Billaudel

*Arrêté du 20 juin 2013 relatif aux bonnes pratiques de dispensation des médicaments par voie électronique

crédit photo - AMATHIEU - Fotolia.com

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