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Un monde sans salariés

Un monde sans salariés
21 Novembre 2013dans Tendances2013-11-212013-11-29tendancesfr
Et si les opérateurs devenaient les relais d'une nouvelle organisation du travail ?
un monde sans salariés, par François Bellanger, prospectiviste, directeur de Transit-City

par François Bellanger, prospectiviste, directeur de Transit-City

 

Si les machines et l’industrie ont généré le modèle dominant du salariat que nous connaissons aujourd’hui, les nouvelles technologies et l’économie numérique pourraient bien être le vecteur d’une (r)évolution fondamentale de l’organisation du travail. Faut-il envisager un monde sans salariés ? C’est l’une des réflexions, mi-sérieuses, mi-amusées, que nos équipes ont lancées pour tenter d’imaginer à quoi ressemblera le monde dans 10 ou 15 ans ?


Aujourd’hui, dans les pays riches et développés, le salariat reste la norme dominante en matière d’organisation du travail. En France, selon l’Insee*, l’emploi salarié reste majoritaire en 2012 avec 88,4 % de la population active. Sauf qu’il a perdu presque 3 % depuis 2007 au bénéfice des non-salariés, qui représentent désormais 11,5 % de la population active, soit 3 millions de personnes. Et cette tendance à la baisse est plus forte encore dans les pays anglo-saxons.


le salariat est-il soluble dans le nouvel âge numérique ?
De fait, la norme dominante qu’est pour nous le salariat est récente et minoritaire. Récente, car le salariat est né et s’est développé en Occident avec la révolution industrielle au début du xxe  siècle, et ne s’est imposé qu’après la Seconde Guerre mondiale. Minoritaire, car pour une majeure partie de la planète – l’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine –, le salariat reste une exception. Il est lié au mode de production fordiste (industrie de masse), à une ultraspécialisation des tâches et, surtout, à une hiérarchie strictement pyramidale sans la moindre autonomie pour les ouvriers ou même les employés, condamnés à répéter les mêmes gestes ou à rester cantonnés aux mêmes fonctions toute leur vie. Or cette réalité est très fortement remise en question par  les nouvelles technologies. Il est curieux de constater, sans faire d’amalgames trop hâtifs, le parallèle depuis trente ans entre la tendance à la précarisation de l’emploi salarié et le lent basculement des entreprises, et plus largement de l’économie globale, dans l’ère de l’informa­tisation puis de l’Internet.


Dans une perspective d’exploration des 25 années à venir, la question pourrait être : si la machine à vapeur a créé le salariat, l’ordinateur et le mobile ne sont-­ils pas sur le point de le faire exploser par la remise en question des approches tradition­nelles des hiérarchies, des temps et des lieux de travail ? Prenons le parti de répondre « oui  » à cette interrogation. Non pour provoquer, mais pour réfléchir aux conséquences que pourrait avoir une fin du salariat, par la grâce des nouvelles technologies, de la pratique généralisée des réseaux sociaux ou, sur un autre registre, des systèmes de téléprésence.

la fin du salariat : rêve ou cauchemar ?
Cette fin du salariat représente-­t-­elle une évolution néces­saire pour prévenir une nouvelle crise de l’énergie ? Est­-ce un horizon obligatoire pour nous permettre de tenir les promesses d’un travail plus ouvert, autonome, libre et créatif ? Ou s’agit-­il  au contraire d’une voie de garage, la beauté d’un modèle de management en troupes de théâtre ou de cirque n’aboutissant en réalité qu’à plus de précarité et de stress? Et si les opérateurs devenaient les relais de services technologiques, mais aussi sociaux, d’une nouvelle organisation du travail ?


Enfin, la projection  que nous voulons ébaucher, même si elle s’appuie sur de réelles tendances, ne saurait prendre en compte le monde du travail dans toute sa complexité et dans toutes ses implications sociales, économiques et politiques. D’autant qu’une nouvelle façon de mener des projets à l’échelle des entreprises du monde entier ne pourrait s’imposer qu’ac­compagnée d’une évolution globale de nos sociétés. Il faudrait, sans doute, pour garantir le respect des droits des citoyens et ne pas tomber dans une caricature ultralibérale, repenser la protection sociale des travailleurs, les contre­-pouvoirs de type syndicats, médecine du travail ou encore instances prud’ho­males. Un nouveau monde à explorer.


Ces travaux de réflexion à l’horizon 2020 font partie du programme d’étude de la direction marketing straté- gique d’Orange (Badim 2020).


* source : Insee, enquête « Emploi en continu 2011 » (année des données : 2011, population active occupée)
 

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