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MtoM : les machines communicantes au service de l'entreprise

Machina sapiens est née ! Et elle dialogue avec ses semblables… Si, hier, les machines transmettaient des données traitées par des hommes vers des serveurs centraux, elles sont aujourd’hui capables de communiquer entre elles. Appareils industriels, automobiles, mais aussi objets du quotidien ou nature environnante comme les arbres, les rivières…
Grâce au Machine To Machine (M2M), tout peut se transformer en « objet communicant » et « intelligent ». Depuis deux ans, les entreprises ouvrent leurs portes aux solutions opérationnelles M2M, tant pour améliorer leurs process internes que pour offrir des services innovants à leurs clients.
Anomalie technique sur la chaudière n° 5 » ; « Fourniture de café bientôt insuffisante » ; « Je suis plein » ; « Niveau d’eau anormal »… Si l’on pouvait traduire en langage humain les informations que s’échangent les machines, voilà ce que l’on pourrait entendre. Et constater que les divers usages Machine To Machine sont déjà adoptés dans de multiples secteurs d’activité : de la logistique, en passant par l’industrie, à la santé et l’environnement. Fruit de la convergence de trois familles de technologies – les objets intelligents, les réseaux de communication et les systèmes informatiques –, le Machine To Machine est en pleine expansion.
« Le M2M n’est plus seulement un concept, confirme Daniel Nabet, directeur de l’unité d’affaires M2M chez Orange Business Services. C’est devenu une réalité accessible grâce au déploiement à grande échelle des réseaux mobiles et à la banalisation des dispositifs électroniques comme les puces RFID ou les modules de géolocalisation. Conséquence, chaque jour, des entreprises de secteurs très divers utilisent les services fournis par ces solutions. »
 
des solutions opérationnelles
Si les premières applications du M2M avaient surtout trait à la sécurité, comme la gestion autoroutière ou la surveillance d’entrepôts, le champ des usages s’est élargi. Six principales catégories de solutions sont aujourd’hui développées : la gestion de flottes de véhicules ; de la chaîne d’approvisionnement ; des équipements et des personnes ; la télésurveillance ; l’« immotique » (confort de l’entreprise) ; le télépaiement. Incontestablement, la gestion de flottes de véhicules constitue un des usages majeurs du M2M. « C’est le marché leader, confirme Isabelle Mathé, directrice marketing de la Business Unit M2M.
Orange Business Services propose aujourd’hui trois offres dans ce domaine: Fleet Performance, Fleet Evolution et Fleet Advanced. La première solution fournit aux gestionnaires une vision en temps réel de la localisation de ses véhicules grâce à la mise en place d’un boîtier communicant embarqué, sorte de livebox du camion ou de la voiture ; la deuxième permet de greffer sur le boîtier une application métier propre à l’entreprise ; enfin, connectée à des équipements embarqués (incluant un écran de navigation dans l’habitacle), la troisième va améliorer la gestion des tournées des chauffeurs. »
En matière de traçabilité des produits au sein de la chaîne logistique, le Machine To Machine est également parfaitement opérationnel. La gestion des stocks peut se faire en temps réel, et les colis nécessitant une surveillance accrue sont localisés à tout moment. Autre application prometteuse : le monitoring des biens et des personnes.
« Il s’agit de rendre communicants des objets fixes qui vont fournir des informations à leurs gestionnaires, prévenir de leur prochain dysfonctionnement et déclencher une intervention de maintenance, détaille Isabelle Mathé. Par exemple, un lampadaire, sans vérification par un technicien, pourra indiquer l’affaiblissement de son ampoule, un compteur d’eau enverra son index de consommation directement au centre de traitement ou un distributeur de boissons indiquera qu’il va bientôt manquer de café. » Ce monitoring concerne tout autant la supervision à distance de machines industrielles que le suivi de malades. Reste que leur déploiement à grande échelle dépend aujourd’hui de la standardisation des équipements.
Pour tous les secteurs, la miniaturisation des dispositifs mécaniques et électroniques, l’amélioration de la communication sans fil et de l’autonomie énergétique des machines sont les clés de l’émergence de nouvelles solutions. L’industrialisation devrait s’accélérer, d’autant que les bénéfices financiers de ces solutions sont clairement établis.
« L’intérêt financier des solutions M2M n’est plus à démontrer, confirme Daniel Nabet. Les retours d’expérience montrent qu’elles garantissent un RoI sur quelques mois au plus et des bénéfices financiers induits par la rationalisation des process métier et par l’offre de solutions innovantes. »
 
de la sphère industrielle à la sphère collective
Les entreprises ne sont pas les seules à s’intéresser au M2M. Les collectivités locales, les sociétés de concessions urbaines ou encore les administrations désireuses de rendre un meilleur service aux usagers tout en diminuant les coûts de ce service, se penchent sur cette technologie. L’espace urbain, déjà peuplé de capteurs, est propice au développement de solutions M2M. Dans les transports en commun, les indicateurs de temps d’attente en sont l’illustration.
En matière de préservation de l’environnement, les usages sont également prometteurs : des capteurs disposés à différents points de l’agglomération pourront informer des niveaux de pollution et alerter les services ; demain, les panneaux signalétiques de vitesse pourront automatiquement modifier leur message de limitation de vitesse.
 
instaurer une relation de confiance entre l’homme et la machine
Force est de constater que le M2M sort des domaines télécoms au sens strict en intégrant ses solutions directement dans les process métier des entreprises ou des collectivités. Cela implique pour Orange Business Services une proximité avec les métiers de ses clients et une connaissance parfaite de l’environnement social du projet. Parce que les solutions M2M concernent avant tout des hommes (utilisateurs, décideurs, opérateurs, techniciens), il est essentiel d’instaurer un contexte de confiance autour de ces dispositifs. Il s’agit, certes, d’assurer la fiabilité des systèmes, mais aussi de déterminer clairement les responsabilités et le périmètre d’action du service. « Nous devons accompagner les entreprises dans la gestion du changement ; les conséquences sur l’organisation du travail sont en effet importantes, souligne enfin Daniel Nabet. Les bénéfices de l’entreprise, comme ceux des utilisateurs, doivent être clairement mis en avant dès le début du projet pour que la “prise de pouvoir de la machine” ne soit vécue que pour ce qu’elle est : une optimisation des processus métier et de la qualité de vie au travail. »