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Devenir un homme 2.0, c’est d’abord mieux se connaître

Devenir un homme 2.0, c’est d’abord mieux se connaître
2014-05-072014-05-07relation patientfr
Nous avons parlé dans un précédent article de la notion de transhumanisme. Entrons maintenant un peu plus dans le cœur du sujet...
Publié le 7 Mai 2014 par Caroline Crousillat dans relation patient
devenir un homme 2.0, c’est d’abord mieux se connaître

Nous avons parlé dans un précédent article de la notion de transhumanisme. Entrons maintenant un peu plus dans le cœur du sujet et interrogeons-nous : comment les technologies peuvent nous aider à mieux nous connaître, à mieux percevoir, ou à mieux fonctionner et finalement à devenir ce fameux homme augmenté ?

Je m’appuie pour cet article sur la conférence donnée à l’ESSEC par mon collègue Benjamin Sarda que vous pouvez revisionner ICI.

mieux nous connaître grâce aux capteurs…


Mieux se connaître, c’est d’abord avoir accès à ce qui se passe à l’intérieur de notre corps… et finalement, on y accède depuis des décennies voir des millénaires avec 2 objets courants : le pèse-personne et le thermomètre.

Depuis 2 ans néanmoins, les choses se sont accélérées de manière impressionnante à ce niveau. On peut aller aujourd’hui beaucoup plus loin que les classiques capteurs d’activité physique que sont les bracelets fitbit ou jawbone et mesurer par exemple ses ondes cérébrales en temps réel  et ainsi détecter son niveau de concentration, de mémoire, son humeur voir son stress (http://www.interaxon.ca/muse/).

Pourtant, 80% des utilisateurs cessent d’utiliser ces objets au bout de 3 mois. La raison principale ? Aujourd’hui les services proposés par ces capteurs se limitent à des dashboards de suivi… et visiblement ce n’est pas suffisant pour que l’on prenne réellement en main notre santé…

… et via notre ADN


Mieux se connaître, c’est aussi aujourd’hui connaître notre génome… et oui cela semblait futuriste il y a peu puisque le décryptage du génome complet ne date que de 2003… aujourd’hui cela coûte « à peine » quelques milliers de dollars…

Et d’ailleurs des services se développent petit à petit autour de la détection/prévention des maladies via la lecture de phénotype des patients. Mais là encore, si on prend l’exemple de Merck et de son service de détection de la maladie de Hunttington, seuls 16% des patients choisissent de faire le test pour savoir s’ils sont ou non porteurs de la maladie…

Tout cela pose une question de fond : veut-on réellement bien se connaître ?

Par ailleurs, on entend de plus en plus de voix s’élever sur la génomique soutenant que l’ADN n’est pas une « carte prédictive du vivant » , que la complexité du vivant est plus grande et que donc prédire à 100% notre évolution et les risques de maladies grâce à notre génome n’est pas fondamentalement possible. (Mon collègue Benjamin Sarda en parle dans son intervention, n’hésitez pas à la visionner.)

Force est donc de constater qu’au niveau du « mieux se connaître » s’il n’y a pas de rupture dans le quantified-self autour du service pour passer au-delà du simple dashboard, la tendance risque fondamentalement de s’essouffler… qu’en pensez-vous ?

Caroline.

 

crédit photo : © Mimi Potter - Fotolia.com
 

3 Commentaires

  • 14 Mai 2014
    2014-05-14
    par

    @François : merci !

    @Clément : Effectivement, je l'ai précisé dans l'article, tout un tas d'outils sont à notre disposition pour nous "mesurer" nous-même, cela depuis très longtemps (cf pèse personne ou thermomètre)... mais l'apparition des balances ne nous a pas poussé à nous peser toutes les heures pour autant ;). Après, la question soulevée est "veut-on vraiment se connaître à un tel point ?": certains je suis sûre oui, les sportifs par exemple qui sont à la recherche d'information précises sur leurs réactions physiques et physiologiques pour améliorer leurs performances... mais également par exemple les diabétiques... pour eux bien connaître leur corps (taux de glycémie, réaction à l'effort...) est capital pour préserver un maximum leur santé (jetez un oeil à cette vidéo: Pierre-Louis, diabétique de T1, explique son ressenti vis à vis de ces technos : http://www.dailymotion.com/video/x13tp7p_fr-mhealth-grand-tour-telesuivi...). Donc je ne serais pas aussi catégorique que vous, effectivement dans un champ purement privé, on peut se poser la question de l'utilité de savoir son rythme cardiaque, après c'est le choix et les objectifs de chacun... côté génétique, on le voit bien seuls 16% des personnes à risque de développer la maladie de Huntington veulent le savoir, mais je pense qu'il est bien de leur donner le droit de savoir ou pas...

  • 12 Mai 2014
    2014-05-14
    par
    Clément
    Bonjour, je pense que nous vivons dans une société qui souffre de "quantophrénie".
    Si l'on pousse le raisonnement, on pourra bientôt connaître la date et l'heure précise de notre mort. Quelle horreur!
    Cette captation universelle, sert d'avantage les marchands que l'humain.
    Et puis à quoi bon connaître son poids, son rythme cardiaque à travers des appendices électroniques? La nature est bien faite (enfin elle est déjà bien endommagée)et notre corps nous alertera à temps.
    De plus ces gadgets de prise de mesures peuvent être extrêmement anxiogènes et nuirent gravement à la santé.
  • 10 Mai 2014
    2014-05-14
    par
    François Cazals
    Bel article, Caroline :-)

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